mardi 15 septembre 2026

Et c’est la mort qui l’a assassinée… Catherine Ringer (1957 – 2026)

 

Vous avez remarqué, la « grande faucheuse » ne chôme pas, en ce moment. Philippe Bouvard, Dolly Parton, Edouard « je vous demande de vous arrêter » Balladur, Tony Gatlif, Jean-Paul Rappeneau… Elle me permet aujourd’hui de « relancer » (?) ce blog, désormais sous « assistance respiratoire ». Une vie est une vie mais bien évidemment, certaines disparitions, en fonction de nos goûts, centres d’intérêt, sympathies ou de l’âge du (de la) défunt(e), nous touchent plus que d’autres. Ainsi donc, la belle et grande Catherine Ringer nous a quitté cette nuit du 14 au 15 septembre 2026, à quelques semaines de ses… 69 ans (née le 18 octobre 1957) pour rejoindre son compagnon Fred Chichin, disparu fin 2007. Encore ce p*tain de crabe. Paradoxalement vis-à-vis de la thématique de ce blog, la chanteuse me manquera davantage que l’actrice porno, genre cinématographique dont elle n’a jamais vraiment été une « star » mais plus une « curiosité » (Gérard Kikoïne, qui lui avait donné un petit rôle dans son Greta, Monica et Suzelle, avait dit qu’elle n’était qu’un « cul », bref une figurante). Ses quelques prestations qu’il m’ait été donné de voir sont certes plutôt mémorables d’intensité mais si elle n’a jamais renié ce passé, le fait qu’elle ait avoué en interviews (chez Mireille Dumas puis, plus tard et de façon plus émouvante, Claire Chazal) en avoir gardé de mauvais souvenirs et des séquelles me donne une sorte de « mauvaise conscience » ou du moins un arrière-goût dans la bouche. Disons que ça gâche un peu le plaisir (vous me rétorquerez à raison : « Et les autres ? C’est peut-être pareil, on sait pas »).

Pour ce qui est de la chanteuse, l’ironie de l’histoire veut que j’écoutais sur Youtube pas plus tard que hier soir l’album The No Comprendo (1986), pour voir si les titres autres que les 4 méga-hits-de-la-mort-que-tout-le-monde-connait en justifiaient un achat. Je mentirai en disant que je suivais son actualité (d’ailleurs, je ne suis plus l’actualité musicale, cela fait des années que j’ai perdu la foi pour la « nouveauté »). Mais le duo qu’elle formait avec Chichin au sein des Rita Mitsouko occupe un pan important de ma maigre discothèque française. Comme chez Alain Bashung, « y’a à manger », entre les musiques, les textes, les interprétations scéniques ou même l’aspect pictural (photos, clips). Chaque album voire chaque chanson est un voyage, c’est comme une boite de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber. Préférence bien sûr pour leurs années 80 bardées de tubes (Marcia Baïla, Andy, C’est comme ça, Le petit train…), qu’ils auront illuminé de leur excentricité, au milieu des « one (two / three) hit wonder » qui font depuis le bonheur (sic) des compilations 80’s Wagram ou Nostalgie, les Mas, Mader, Quartz, Loeb et autres Charby (qui, de sa retraite américaine, relaie, à l’instar de Richard Allan, les vidéos des Knafo, Maréchal et autres Ciotti sur sa page Facebook. Triste). Coup de cœur aussi pour le controversé et daté (rien de péjoratif) disque de remixes Re (1990) et l’album du retour Cool Frénésie (2000), très varié et d’où est tiré le single (promo) La sorcière et l’inquisiteur, remarquablement interprété lors des Victoires de la Musique 2001.

R.I.P, Cathy…   

lundi 6 juillet 2026

Disco Sex Machine (doc ARTE)


« C’était une espèce de période d’insouciance où l’on ne pensait qu’à jouir, à rire, à s’amuser, à danser… Et évidemment, bon, on a un peu la nostalgie aujourd'hui de cette période. » (Amanda Lear)

On ne remerciera jamais assez ARTE, meilleure chaine (ou la moins pire) du « PAF » depuis que Canal+ n’est plus cette chaine sinon subversive, du moins atypique et iconoclaste, et qu’elle appartient au milliardaire conservateur et identitaire Vincent Bolloré (né un 1er avril et ce n’est pas une blague…), dont Groland et ses quelques fulgurances sont les derniers vestiges. Une chaine publique, ce qui n’est évidemment pas un hasard (même raisonnement avec FIP de Radio France), n’en déplaise aux grincheux-hargneux du « c’est avec nos impôts ! »… C’est tout à fait logique puisqu’une structure privée n’a pour seule ambition que d’engranger des bénéfices, que ce qu’elle fabrique et / ou commercialise soit vertueux, moral et bénéfique pour l’humanité et l’environnement ou pas. ARTE est donc à ma connaissance la seule à nous proposer à un rythme soutenu des documentaires sur le cinéma, la musique ou les questions de société. Qu’on peut évidemment critiquer, pour certains, pour leur superficialité ou leur « orientation » (mais nous sommes TOUS « orientés », même les auto-proclamés « non-orientés » qui de fait se soumettent – par résignation ou approbation – à la délétère marche actuelle du monde et c’est leur droit le plus strict) pas toujours à bon escient (mettre Trump ou le Brexit à toutes les sauces, même quand ça semble tomber comme un cheveu sur la soupe…). Celui dont j’ai choisi de vous parler aujourd’hui pour relancer quelque peu ce blog définitivement en sommeil (j’ai installé un « bloqueur de porno » sur mon ordi… Plus difficile en effet de s’en passer que du chocolat, des chips et autres biscuits industriels désormais bannis de mon régime alimentaire…) appartient sans nul doute à cette catégorie. Il y est question des vagues, concomitantes, du disco et du porno lors des mythiques post-soixante-huitardes 70's, sur le schéma classique naissance – ascension – apogée – déclin – disparition – renaissance sous une autre forme. Et de leurs liens. Bon, le porno (français), pas la peine d’y revenir, c’est l’objet de ce blog. Le disco, j’aime bien aussi car il participe de la même mentalité hédoniste mais pas les trucs kitschissimes comme Boney M ou les Village People. Non, juste quelques « hits » de gens plus sérieux : les faramineux Love to Love You Baby et I Feel Love du trio Summer – Moroder – Bellotte, le groupe Chic (pour lui-même et pour Diana Ross ou les Sister Sledge), Love Hangover de Diana Ross (l’une de mes chansons favorites tous genres confondus), Stayin' Alive des Bee Gees et quelques autres. Bien évidemment, et l’un et l’autre furent récupérés par le Dieu Marché, par les billets verts alléché. Et leur chute fût brutale : SIDA, apparition de la vidéo, l’inique autodafé de la Disco Demolition Night de 1979… Pour qui s’intéresse à ces deux mouvements, ce documentaire ne lui apprendra sans doute pas grand-chose de nouveau. Mais ma foi, ça fait toujours plaiz de (re)voir quelques images d’archives, la divine et regrettée Donna Summer, Amanda Lear, Brigitte Lahaie ou Gérard Kikoïne, qui y interviennent en compagnie du musicien et compositeur français Cerrone et de quelques « spécialistes » venus eux aussi « ramasser un p’tit billet ». A ce sujet, je suis un peu inquiet pour « Kiko », 80 piges aux nougats… Il avait annulé, il y a quelques temps, une dédicace organisée par Pulse Store pour cause de « maladie » et là, je l’ai trouvé en petite forme. Doc disponible jusqu'au 4 août, ne trainez pas…

lundi 4 mai 2026

Résultats sondage

Les résultats de mon sondage sur vos actrices favorites sont tombés et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ne sont pas très originaux. On ne peut pas dire que vous vous soyez « cassé le cul », si j’ose m’exprimer ainsi 😄… Ainsi donc, Marilyn Jess l’emporte d’une voix face à Brigitte Lahaie (8 votes contre 7). Derrière les deux stars, la fascinante Cathy Ménard et Hélène Shirley, du classique là aussi, obtiennent 4 suffrages chacune. Et parmi les comédiennes ayant obtenu au moins 2 votes, on trouve sans surprise Julia Perrin, Karine Gambier, Olinka et Catherine Ringer. Plus étonnant est par contre le « zéro pointé » de la regrettée Cathy Stewart, figure pourtant établie et récurrente du cinéma X de ces belles années. Peut-être en raison du classement par ordre alphabétique des patronymes, le sien figurant du coup en queue de peloton ? Quoi qu’il en soit, merci à tous les participants à ce sondage. Et n’oubliez pas que derrière Marilyn et Brigitte, elles sont quelques-unes qui gagnent à être (re)connues…

mardi 31 mars 2026

Un jeune homme de bonne famille (2025), de Sébastien Lifshitz

« J’essaie de faire en sorte que le jour de ma mort soit le plus beau jour de ma vie. »

Les aléas de l’algorithme Youtubien m’ont orienté vers ce documentaire consacré à Claude Loir et diffusé sur ARTE (ce n’est évidemment pas sur une chaine privée qu’une telle chose pourrait l’être…). Une vie et quelle vie ! Faite de blessures (père absent, mère peu aimante, homosexualité non acceptée…), de rencontres et de plaisirs débridés. Et qui embrassera, dans les années 70, la libération sexuelle et l’explosion du cinéma porno. Essentiellement gay bien sûr mais aussi hétéro sous le pseudo de Ghislain Van Hove, en particulier chez Burd Tranbaree qui lui offrira le premier rôle dans La rabatteuse et La perversion d’une jeune mariée, tous deux avec notre Brigitte nationale. Le témoignage très touchant d’un homme qui l’est tout autant.

vendredi 6 mars 2026

Dictionnaire des films français pornographiques & érotiques 16 et 35 mm (2011)

 

« J’adore ça, je ne vivrai jamais assez vieux pour tous les voir ! »

Ah, sacré Maurice (Pialat, NDLR), t’es comme moi… A vrai dire, il n’y a pas grand-chose sur Terre que j’aime autant que ça. La musique, la bonne bouffe et les voyages (en France et en Europe – dont la partie Ouest de la Russie –, pas au-delà), c’est à peu près tout. Ceci dit, tant mieux, finalement. Car comme l’alcool ou les aliments gras et sucrés (tout ce qui est bon, quoi…), la pornographie est hélas à consommer avec modération. Et puis y’en a tellement eu, vous imaginez, impossible de tous les voir. A défaut, on pourrait se contenter des meilleurs. Oui mais comment faire pour séparer le bon grain de l’ivraie ? C’est là qu’entrent en jeu l’excellent Christophe Bier et vingt-cinq collaborateurs, dont deux femmes, Sérène Delmas et Britt Nini (« Qu’est-ce qu’un bon film porno ? Ils sont tous biens. Il n’y a pas de critère. »). Ils ont répertorié pour nous la totalité des films pornographiques (y compris gays) tournés en pellicule (ce qui exclut de fait la vidéo) entre 1974 et 1996. Auxquels ils ont joint des films érotiques, pour aboutir à 1813 longs-métrages français. Un parti pris que je regrette. En effet, un film porno, y’a pas de doute, on sait ce que c’est (le très nul Baise-moi, ici présent, étant un cas un peu à part). Un film érotique, c’est déjà plus subjectif (Bier lui-même regrette après coup de n’avoir pas intégré Le Genou de Claire d'Éric Rohmer). Quoi qu’il en soit, certains risqueraient la syncope en découvrant que Calmos, Le dernier tango à Paris, 37°2 le matin, Cet obscur objet du désir ou Les galettes de Pont-Aven côtoient Suce-moi salope, L’infirmière n’a pas de culotte ou J'ai très envie de nymphettes à sodomiser dans un même ouvrage ! Je me suis donc offert ce pavé d’environ 1200 pages. Encore près de cent balles dépensées mais quand on aime, on ne compte pas. Il aura nécessité treize ans d’efforts. Aucune illustration. Chaque film fait l’objet d’une description détaillée avec fiche technique, distribution, synopsis, critique, éventuelles anecdotes, date de sortie, salles d’exclusivité, titre(s) alternatif(s) et verdict de la Commission de classification des œuvres cinématographiques (Alfred Barbariche – ce nom ! –, qui en était visiblement le secrétaire, revient avec insistance). On se délectera des avis outrés (lorsque l’interdiction totale est préconisée, quand ça tourne autour du viol, de l’inceste, du SM, ce genre…) ou parfois délivrés sur le ton de la plaisanterie de cette dernière ainsi que de la réjouissante vulgarité outrancière de nombreux titres. Ou de celle, plus égocentrique, de la pionnière Sylvia Bourdon (un sacré numéro, celle-là !) dans un film-enquête dont le titre m’échappe, où elle déclare « aimer l’odeur de ses pets » (!). Et quel plaisir de voir ces films critiqués aussi sérieusement que le seraient ceux dits « traditionnels ». Mais par quel bout (sic) prendre cette somme d’informations, ce monde fascinant fait de débrouille (les films faits à partir de stock-shots d’autres films, les budgets faméliques…), ce morceau d’histoire, les plus grands films de ce genre maudit étant circonscrits entre, grosso modo, 1974 (début du septennat Giscard, fin de la censure puis « rétropédalage » avec la « loi X » devant le déferlement des œuvres pornographiques) et 1983 (début du règne du « mythe errant » et répression accrue avec application stricte de ladite loi, jusqu’ici habilement contournée, arrivées de la vidéo et du Sida) ? Premier réflexe : vérifier si l’avis des rédacteurs érudits sur les films chroniqués sur ce blog diverge (et diverge, c’est… oui, je sais, elle est facile) du mien. Dans l’ensemble, on est plutôt raccord, notamment sur des chefs-d’œuvre incontestables (Le droit de cuissage, Mes nuits avec…, Parties fines, La femme objet…) ou la filmo de Francis Leroi. Par contre, Dans la chaleur de Saint-Tropez est vu comme « un parfait exemple du mauvais goût des années 80 pour les sociologues du futur ». Malheureusement, pas de « top » récapitulatif des films les plus appréciés des chroniqueurs en fin d’ouvrage, il faudra donc « aller à la chasse » par soi-même pour découvrir les « pépites » méconnues du genre. Alors autant y aller par ordre alphabétique et lire ce dico comme un bouquin classique, du début à la fin. Un signet nous aidera à marquer la page où nous nous sommes arrêtés précédemment. Outre les célèbres réalisateurs mentionnés sur ce blog (Kikoïne, Tranbaree, Lansac, Leroi, Barny, Aubin, Lemoine, Fleury, Rollin, Caputo, Davy), on découvre d’autres stakhanovistes tels Alain Payet, José Benazeraf, Anne-Marie Tensi, Henri Sala, Lucien Hustaix, Claude Pierson, Pierre B. Reinhard, Gilbert Roussel, Jean Luret ou encore Pierre Unia. Bref, y’a de quoi faire… Ah, au pays des « fromages (et aussi, de plus en plus, des idées…) qui puent » et dans ce monde qui devient irrespirable, que cette période insouciante (j’étais trop jeune pour la vivre pleinement), ce cinéma hédoniste, libertaire, subversif et potache (bien qu’également ambigu) me manquent ! Nous n’aurions jamais dû nous aventurer au-delà de 1982. Ce tour de force est donc aussi une formidable machine à remonter le temps.


mardi 21 octobre 2025

Elisez vos "hardeuses" favorites !

Et oui chers lecteurs, je vous propose maintenant d'élire, parmi cette liste de 24, vos "hardeuses" favorites (jusqu'à 3 choix possibles) 😊

Fin du sondage le 1er mai 2026 !


vendredi 5 septembre 2025

Jean-François Davy (1945 – 2025) / Jean-Pierre Bouyxou (1946 – 2025)

 

 

C’est avec stupéfaction (nonobstant leur âge de 79 ans chacun) que j’ai appris, à intervalle proche et par deux blogs de cinéphiles que je consulte régulièrement, la disparition de deux figures de la pornographie française. Pourtant très peu évoquées sur ces pages, essentiellement centrées, je le rappelle si besoin en était, sur les productions de la firme « au fer à cheval » de Francis Mischkind (Alpha France) pour laquelle elles n'ont pas travaillé. Jean-François Davy, tout d’abord, décédé le 2 mai dernier, veille de son 80ème anniversaire. L’homme, qui en cette époque des « mid-seventies » ressemblait un peu au rugbyman français Sébastien Chabal (barbe, cheveux longs, physique imposant), est surtout connu pour son plus gros succès, le film-enquête présenté à Cannes en 1975 Exhibition, avec Claudine Beccarie, qui fit se déplacer pas moins de 3,5 millions de spectateurs dans les salles obscures. Il enchainera, avec moins de succès, par d’autres productions du même style (les suites Exhibition 2 et Exhibition 79, Prostitution, Les Pornocrates). Avant de se lancer dans la pornographie, il avait réalisé des « polissonneries » ayant rencontré un écho favorable au box-office : Bananes mécaniques et Prenez la queue comme tout le monde (plus d’un million d’entrées chacune en 1973). Le reste de sa filmographie, constitué essentiellement de comédies (avec des acteurs du genre Bernard Menez, Henri Guybet, Daniel Ceccaldi ou, plus récemment,… Jean-Marie Bigard, no comment), est beaucoup plus dispensable (euphémisme). Mais c’est surtout dans la production et l’édition vidéo lors de l’essor de la VHS (pornographiques ou non) que Jean-François Davy s’activa.

De Jean-Pierre Bouyxou, journaliste, critique, réalisateur, acteur et scénariste qui s’est éteint ce 2 septembre, lui aussi à 79 ans, je sais bien peu de choses. Comme pour Davy, sa fiche Wikipedia, peu fournie et que je ne vais pas retranscrire ici, informera les personnes intéressées sur son parcours. Notons toutefois qu’il fût un fidèle compagnon de route du réalisateur Jean Rollin, en tant qu’assistant, que ce soit sur ses films X ou d’horreur.

lundi 28 juillet 2025

A la recherche du premier boulard (2019)

 


« La première phrase que j’ai appris à mon fils, c’est « Jack Lang est un con ! » (Jean-François Davy)

« Si vous n’aviez pas vu « Gorge profonde », c’est que quelque part, vous étiez coincé(e) du cul. » (Brigitte Lahaie)

Qui a eu cette idée folle, un jour, d’inventer… la pornographie ? C’est à cette question capitale que les auteurs de ce documentaire (Aurore Aubin et Denis Larzillière) vont s’attacher à répondre, aidés en cela par un aréopage d’intervenants triés sur le volet. Acteurs et actrices (Richard Allan, Brigitte Lahaie), réalisateurs et/ou producteurs (Michel Barny, Gérard Kikoïne, Jean-François Davy, Marc Dorcel, Francis Mischkind…), journalistes et écrivains spécialisés et autres vlogueurs (Christophe Lemaire, Jacques Zimmer, Arnaud Beaudry…) apportent ainsi leur éclairage et leurs anecdotes lors de ce voyage temporel qui retrace le parcours de la pornographie à travers les siècles, de l’invention du cinématographe par les frères Lumière (1895) aux sites de « streaming » de l’ère Internet, en passant par les « loops » clandestins des bordels (ancêtres des « gonzos », films sans scénario), les K7 VHS, le « X » du premier samedi du mois sur Canal+ et bien sûr son « âge d’or » 1974-1983, avec la diffusion des films en salles (d’abord « classiques » puis spécialisées à partir de la « loi X »).

Bon visionnage ! Et désolé pour la piètre qualité d’image (en format grand écran) due à la compression, on fait c’qu’on peut avec c’qu’on a…

vendredi 18 avril 2025

Kikobook

Vous souvenez-vous de cette publicité, à vue de nez de la fin des années 90 ou du début des années 2000, d’un opérateur téléphonique me semble-t-il (Orange ?), où un gus devant un coucher du soleil en appelle un autre à l’autre bout du monde en lui demandant « Tu l’as ? » et l’autre de répondre « Je l’ai » ? Bon, ben voilà, moi aussi… « je l’ai ». Enfin, pas le coucher du soleil, dont je n’ai rien à carrer mais le Kikobook de Gérard Kikoïne. Cent balles plus le port, commandé directement à l’éditeur Les éditions de l'œil et signé par le « Maître » himself (et aussi par Alban Ceray). Reçu ce 17 avril 2025, en même temps, hasard des livraisons, que le CD John Barleycorn Must Die (1970) de l’excellent groupe de rock anglais Traffic et lu d’une seule traite. Une bien belle journée simplement gâchée par la découverte, en fin d’après-midi, d’un… petit lézard dans ma chambre (je suis pourtant au troisième étage d’un immeuble en milieu urbain et ce n’est pas encore l’été…) ! Que j’aspira aussitôt à l’aide… d’un aspirateur (logique). Appareil électroménager me ramenant illico à la fameuse scène de Chaudes adolescentes où Sophie Duflot en détourne l’utilité première pour se donner un peu de plaisir. Comme quoi, tout se tient…

Gérard et son Hot d'or

Alors, que dire de cette somme présentant en couverture le visage de la sublimissime Jane Baker (je crois bien que c’est elle) en pleine extase ? 360 pages, dont bien la moitié composée de photos d’archives du réalisateur. J’ai bien noté trois-quatre « coquilles » ou erreurs orthographiques (« La clinique des fantsames », « touT les acteurs », « RoyanT »…) mais ce n’est rien comparé au Marilyn Jess, les films de culte, qui en est bourré (sic). Le travail a été bien fait. A ce prix-là, encore heureux…

Gérard Kikoïne nous raconte donc son histoire, de sa jeunesse (lors de laquelle il vit un nombre conséquent de films en salles, des chefs-d’œuvre comme des « nanars ») à son parcours de monteur (son puis image) et de réalisateur. Une vie consacrée au cinéma (et aussi au cul, quand même) et un parcours tout tracé. C’est que chez les Kikoïne, on est dans le cinoche de père en fils (et même en fille puisque la fille de Gérard, Elsa, est actrice). Sans remettre en cause son talent ni la colossale somme de travail qu’il a dû déployer dans ses différentes activités (oui, même un « boulard », c’est du boulot, surtout quand on fait bien les choses comme lui), c’est tout de même plus facile quand son propre père (Léon) est lui-même monteur et vous transmet ses connaissances et son outil de travail. L’histoire est désormais connue : remontage du Napoléon d’Abel Gance, arrivée progressive de l’érotisme (Jess Franco) puis du « hard » (première expérience dans le genre avec Le sexe qui parle de Frédéric Lansac), passage à la réalisation, d’abord avec le « soft » L’amour à la bouche en 1974 avant d’enchainer avec près d’une trentaine de « films d’amour » (comme il se plait à les appeler) entre 1977 et 1982. Il sera temps ensuite de passer à autre chose : pubs, films institutionnels, épisode du Commissaire Moulin et surtout, une poignée de films « bis » avec des « pointures » telles Oliver Reed (Dragonard), Robert Vaughn, John Carradine et Donald Pleasence (L’emmuré vivant) ou encore Anthony Perkins (Docteur Jekyll et M. Hyde).

Acrobaties en tous genres...

Mais ce qui nous intéresse (enfin, moi en tous cas), c’est le cul. C’est pour ça qu’on est là, non ? Donc « Kiko » nous montre « l’envers du décor ». Du cadrage à la « fausse éjac », du découpage aux anecdotes de tournage, vous saurez (presque) tout sur la réalisation de ces objets (pas forcément obscurs) de désir que sont les films pornos de cet « âge d’or » dont il signa quelques-uns des plus beaux spécimens. Je suis toujours « sur le cul » devant les aptitudes de ces messieurs dames (enfin, surtout messieurs). Imaginez le niveau d’exhibitionnisme, de lâcher prise, de concentration, de maitrise de ses émotions qu’il faut pour être « performant » quand un caméraman se place sur un tabouret derrière vous pendant que madame vous fait une petite gâterie ou bien quand il est allongé sous vous pendant que vous prenez votre partenaire en levrette… Le tout avec tout un staff autour (chef op’, assistants, etc…) et un réalisateur qui vous donne des consignes… Quand bien même les techniciens sont des potes et les actrices bandantes comme pas possible, chapeau bas ! Surtout que « Gégé » est particulièrement connu pour ses angles de prises de vue pour le moins audacieux (plans cassés, en contre-plongée, gros plans…), lui qui prenait le X comme un terrain de jeu et d’expérimentations.

On trouve également dans ce bouquin des hommages du réalisateur à ses égéries féminines (Marilyn Jess bien évidemment mais aussi Jane Baker, Olinka, Julia Perrin, Sophie Duflot, Cathy Ménard ou encore Monique Carrère mais étrangement pas la brune délurée Mika Barthel, qu’il se contente de citer et qui ne bénéficie pas de page spéciale) et à ses « mousquetaires » (les incontournables Alban Ceray, Richard Allan, Jean-Pierre Armand et Dominique Aveline, sans oublier Jack Gatteau). On apprend notamment qu’il s’est « tapé » Cathy Stewart quand il avait 26 ans et elle dix de moins, le saligaud ! Mais c’était quand elle vendait des glaces à Royan, quelques années avant qu’il ne la retrouve par hasard sur un plateau de Michel Barny et qu’il ne l’engage dans quelques-uns de ses films. Il serait étonnant que Marilyn Jess (et d’autres) ne soit pas aussi passée entre ses bras. Enfin, la fiche technique de ses films pornos renseigne sur le score de chacun au box-office, qui tourne en moyenne aux alentours de 150 000 à 200 000 entrées (des chiffres qui satisferaient même certains « tradis » d’aujourd’hui !), avec même une pointe à 368 000 pour Bourgeoise et… pute, effectivement l’une de ses plus grandes réussites.

Scène de gangbang sur le tournage de Maison de plaisir

Entrez dans un monde (hélas révolu) d’hédonisme, de bonne humeur, de fête (mais aussi de travail et de sérieux), de naturalisme (« Nous étions des naturalistes. Aujourd’hui, ce sont des extrémistes hygiénistes ! »), de fidélité (toujours la même équipe – Gérard Loubeau, Jean-Jacques Renon, Pitof, Pierre B. Reinhardt…–, gage d’efficacité), de transmission (« Kiko » a mis un point d’honneur à former bon nombre de monteurs, qui ont tous fait carrière depuis) et surtout… de plaisir(s) !

Une vie comme celle-là, on pourrait même fixer la retraite à 80 balais, y’aurait pas d’lézard !

samedi 8 mars 2025

Frédéric Lansac Cinéaste sous X

 

Le Kikobook de Gégé Kikoïne, c’est 100 balles minimum (et ça monte jusqu’à plusieurs centaines ! Mais je l'aurai un jour, je l'aurai...) mais ce Frédéric Lansac Cinéaste sous X, à 16 euros port compris, ça ne se refuse pas. Et à vrai dire, ça ne vaut pas plus. Petit format (15/21), 207 pages dont, à vue d’œil, près de la moitié de photos (parfois de nu et explicites mais jamais « hard »), se lit d’une traite. Ecrit par Christian Valor, spécialiste du « cinéma bis » et rédacteur sur le site Psychovision.


Frédéric Lansac, donc, pseudonyme de Claude Mulot (1942-1986). Personnage mystérieux mais brillant et visiblement adorable. Pote avec le gratin du showbiz des années 70 (Carlos, Johnny, Sardou… dont certains n’avaient jamais vu ses films) et « tombé dans le X » par accident. C’est le producteur Francis Mischkind (FFCM / Alpha France, désormais Blue One) qui le contraint d’intégrer du hard dans Le sexe qui parle (il ne savait même pas ce que c’était !). Et il ne l’assuma jamais vraiment, veillant par le pseudonyme de Frédéric Lansac notamment, à cacher sa véritable identité pour ne pas se fermer d’autres portes. Il délégua d’ailleurs très vite le tournage des scènes X, qui ne l’intéressaient pas, voire le dégoutaient (plus par pudeur que par puritanisme), à Didier Philippe-Gérard alias Michel Barny, qui n’était autre que son beau-frère (les deux hommes sont indissociables). Son truc à lui, c’était la comédie, le thriller, le fantastique (genres qu’il embrassera avant ou après sa carrière dans le porno) et surtout, l’écriture. Mais puisque le X cartonnait à l’époque, allons-y pour le X… De fait, il écrira et/ou réalisera quelques-uns des meilleurs films de ce genre honni et ingrat. De vrais films avec scénario et de beaux castings, dans lesquels il insufflera sa verve humoristique et cynique. Les scènes hard, par contre, ne brillent pas par leur originalité ou leur perversité, sauf en de rares occasions (la fellation sur le gendarme et la sodomie de Marie-Christine Guennec dans Extases extra-conjugales ou le premier gang-bang français de l’histoire dans Mes nuits avec…). Il n’était d’ailleurs guère friand des gros plans gynécologiques (« Moins on en montre, plus c’est bandant »). C’est sur cette filmographie quasi parfaite, à conseiller même aux non-amateurs du genre, que ce bouquin se propose de revenir (une poignée de pages par film), à savoir :

- Films écrits et réalisés par Frédéric Lansac : Le sexe qui parle, Shocking / La dernière nuit, Extases extra-conjugales / Blue ecstasy, Echanges de partenaires, Belles d'un soir / Suprêmes jouissances, La grande baise, Le sexe qui parle 2, Les petites écolières, La femme-objet ;

- Films écrits par Frédéric Lansac et réalisés par Michel Barny : Mes nuits avec… Alice, Pénélope, Arnold, Maud et Richard, Perversions pornos ;

- Films écrits par Frédéric Lansac et réalisés par Gérard Kikoïne : L’infirmière / Entrechattes, Jouir ! / Contraintes par corps / 2 sœurs lubriques, Les délices du tossing.

Chaque film est présenté avec sa fiche technique et quelques rares anecdotes de tournages rapportées d’interviews ou de livres de protagonistes de l’époque encore de ce monde (Barny et Kikoïne, Mischkind, les acteurs Richard Allan, Brigitte Lahaie, Marilyn Jess…). Il est surtout l’occasion de présenter ses principaux acteurs. Beaucoup de choses que je savais déjà (le parcours de Richard Allan, le caractère volcanique et la reconversion de Sylvia Bourdon…) mais aussi des découvertes (Marianne Aubert serait hélas décédée au début des années 2000) ou des éclaircissements (la poitrine de Marie-Christine Guennec, malgré les apparences, serait naturelle et Guy Royer serait décédé en 2005 à La Réunion après une reconversion dans l’immobilier).

Plus intéressants et surprenants sont par contre, pour chacun des films, la présentation de toutes leurs versions VHS / DVD / Blu-ray existantes (avec nombre, durée et chronométrage des coupes !) et leur résultat au box-office (on constatera, sans étonnement, une érosion constante et progressive, des près de 494 000 entrées du Sexe qui parle en 1975 aux 126 000 péniblement atteints par Les délices du tossing en 1983, ghettoïsation du genre et lassitude du public passé le choc de la nouveauté aidants).

Bons points : très belles photos et bien écrit (contrairement au Marilyn Jess, les films de culte, bourré de « coquilles » ! Heureusement qu’elle me l’a dédicacé…).






A noter que la filmographie non-pornographique du réalisateur des Charnelles a fait l’objet d’un autre ouvrage, Claude Mulot Cinéaste écorché.

vendredi 31 janvier 2025

Les « non sexe »

Nous y voilà. L’heure de « rendre mon tablier ». C’est Jacques Chirac, notre dernier Président (comprendre : « relativement digne de la fonction » et « le contexte historique étant ce qu’il est »), qui avait dit un jour (chose qui lui fût à juste titre reproché) : « Une entreprise, c’est comme un homme, ça naît, ça vit et ça meurt ». Et bien pour les blogs (et tout le reste ou presque, je n’ai pas spécialement étudié la question non plus et d’ailleurs, je m’en cogne), c’est pareil. Enfin, par définition, un blog ne meurt jamais (hors souhait de son auteur de l’effacer de la « toile »), disons qu’il reste « en sommeil ». Seuls certains évènements pourraient en faire sortir le mien, comme la découverte du Kikobook de Gérard Kikoïne, du documentaire L’enfance du hard ou l’envie de chroniquer les quelques Caputo, Rollin, Renzulli ou Lemoine que j’ai encore en réserve, sachant qu’il y a cependant peu d’espoir qu’il s’agisse d’incontournables du genre. Il m’aura donc fallu un an, presque jour pour jour, pour le « torcher », ce blog. Alors oui, je n’ai pas parlé (ou si peu), côté réalisateurs, des pourtant productifs Alain Payet, Claude Pierson ou José Bénazéraf. Ni de L’essayeuse (1975) de Serge Korber, film condamné à être détruit mais dont il reste des négatifs à l’étranger ou des Jouisseuses de Lucien Hustaix qui, en cette même année 1975, ouvrit la « boite de pandore » en jouant les « bouches-trous » (sic) dans la programmation du cinéma de la banlieue lilloise Le Familia. Et je n’ai pas évoqué non plus, par choix et nécessité, l’ensemble des acteurs et actrices de cinéma pornographique de ces années-là mais plus simplement les principaux, me focalisant essentiellement sur les productions Alpha France et la plupart des figures marquantes du genre.

« Les idoles des jeunes sont des porno-stars, voire Pablo Escobar » rappe MC Solaar dans son très bon (car samplant le Love Hangover de la grande Diana Ross) Paradisiaque. Sans aller jusqu’au terme d’« idole » (il est préférable, à mon sens, de ne pas en avoir), il est vrai que j’ai une grande admiration pour celles et ceux qui parviennent, quand bien même les techniciens seraient eux aussi des « copains », à réaliser l’un des actes les plus intimes de l’existence devant une caméra. Ce n’est quand même pas donné à tout le monde. Je préfère, en l’occurrence, celui de « marchand(e)s de rêve » (ou « de bonheur »). Ce blog se veut modestement aussi un hommage à ces protagonistes, qu’ils (et surtout « elles ») soient à jamais remerciés pour leurs prestations et apparitions. Et de même les cinéastes pour leurs réalisations.

Alors pour ce dernier post, m’est venue l’idée de mettre à l’honneur, paradoxalement, quelques visages récurrents de ces productions mais qui ont la particularité de ne pas y « harder », comme on dit. Ou si peu. Souvent âgés (ceci expliquant sans doute cela), parfois doublés pour les scènes X, venant du cinéma traditionnel et abonnés aux rôles secondaires de passants, de professeurs, de flics véreux, de notables ou de « bons » pères de famille. Enfin, je triche un peu, Jacques Marbeuf (qui présente la caractéristique d’être décédé le même jour que… Léo Ferré, celui de la fête nationale en 1993) a plus d’une fois mis « la main à la pâte ». On l’a notamment vu dans le rôle du père incestueux du trouble Adorable Lola de Kikoïne. Avouons, c’eût été dommage de ne pas se faire un peu pomper le dard dans de telles circonstances… Jolie galerie de « gueules », comme le cinéma français en regorge.

Jacques Marbeuf

La filmo

Gilbert Servien

La filmo

Olivier Mathot

La filmo

Etienne Jaumillot

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Guy Bonnafoux

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Daniel Bellus

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Bon, allez, il est temps de vaquer à d’autres occupations. J’espère que tout ceci vous aura plu et intéressé. Abonnez-vous pour être sûr de ne pas rater une hypothétique future publication et merci d’avoir consacré un peu de votre temps à la lecture de ce blog.

mercredi 29 janvier 2025

Les « queue de comète »

Le pénultième article de ce blog sera consacré à quelques acteurs et actrices porno arrivés dans le X vers la fin de son « âge d’or », c’est-à-dire au début des années 80. Certain(e)s ont d’ailleurs logiquement embrassé par la suite la voie de la vidéo.

André Kay dans La déchaînée (Michel Lemoine, 1987)

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Cathy Dupré dans Couple libéré cherche compagne libérée (Burd Tranbaree, 1982)

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Alain L'Yle dans Initiation d'une jeune marquise (Pierre B. Reinhard, 1987)

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Carole Piérac dans Une épouse à tout faire (Patrick Aubin, 1982)

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Isabelle Brel dans Le pied à terre (Burd Tranbaree, 1981)

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Jacky Arnal dans Voluptés aux Canaries (Michel Lemoine, 1987)

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Eva Kléber dans Fantasmes de femmes (Michel Jean, 1984)

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jeudi 23 janvier 2025

En vrac… (14)

Deux très grands cinéastes qui cassent leur pipe (terme adéquat pour l’un d’eux…) et Donald Trompe qui reprend les rênes des « States » (enfin, ça à la rigueur, je m’en fiche, Dieu merci je ne suis pas américain)… On ne peut pas dire que 2025 débute sous les meilleurs auspices…. Mais faisons fi de la « morosité ambiante » (formule rencontrée de façon récurrente dans les commentaires lambda de la « toile » dès ses balbutiements, c’est dire si elle dure…) et poursuivons notre galerie de portraits du X français « vintage ». Alors, de qui qu’on n’a pas encore parlé ? De ces trois-là. Pas mes préférées, ni les plus marquantes, loin s’en faut. Mais suffisamment d’apparitions (et d’importance) pour qu’on ne puisse faire l’impasse sur leur évocation. Par contre, là encore, aucune info, à part certaines dates et lieux de naissance : nibe, que dalle, nada, peau d’zob… On se contentera donc des images, ce qui est bien l’essentiel, me direz-vous…  

Barbara Moose (4 août 1955)

Gamine en chaleur (Jean Rollin, 1979)

Remplissez-moi ! (Jean Rollin, 1979)

La vorace (Alan Vydra, 1981)


Céline Gallone (25 juin 1958, Paris)

Les petites écolières (Frédéric Lansac, 1980)

Les bons coups (Burd Tranbaree, 1979)

Pénétrations spéciales (Michel Caputo, 1978)


Elodie Delage (8 juillet 1960, Paris)

L'innocence pervertie (Patrick Aubin, 1981)

Les petites écolières (Frédéric Lansac, 1980)

Les patientes du gynécologue (Michel Jean, 1984)

dimanche 19 janvier 2025

Les pionnières

Deux actrices fort peu croisées sur ces pages mais dont il faut néanmoins toucher un mot étant donné leur statut dans ce milieu. Des parcours singuliers, des vies bien… remplies (sic), deux femmes au caractère (et au sexe 😄) bien trempé.

Claudine Beccarie

Née le 14 juin 1945 à Créteil, Claudine Beccarie aura eu une existence pré-porno pour le moins chaotique : fugue à 15 ans, quatre années passées dans une maison de redressement, mariage puis divorce deux ans plus tard et enfin prostitution au futur-ex (ou ex-futur ? On ne sait plus, à force…) pays de notre (espérons-le, intérimaire) ministre des Outre-mer. Après quelques rôles de figurante (notamment dans Le Grand Blond avec une chaussure noire d'Yves Robert), elle épouse la vague du cinéma érotique et pornographique qui déferle sur la France après l’élection de Valéry Giscard « c’est ton destin », celui-ci mettant fin à la censure Pompidolienne. Le succès d’Exhibition de Jean-François Davy en 1975, dont elle est l’actrice principale (mémorable scène de masturbation), en fait une vedette du genre. Qui lui ouvrira d’autres portes, comme la scène d’introduction (sic) du redoutablement excellent Calmos de Bertrand Blier. Vient alors 1978 et l’heure de tourner la page en passant à tout autre chose : un élevage d’oies en Bretagne !

Les pornocrates (Jean-François Davy, 1976)

Exhibition (Jean-François Davy, 1975)


Sylvia Bourdon

Bien que née le 29 janvier 1949 à Cologne, la provocante Sylvia Bourdon est bien de nationalité française. Elle fit ses débuts dans la pornographie via des « loops » clandestins aux Pays-Bas. On la voit notamment dans deux très bons Frédéric Lansac, alias Claude Mulot : le classique Le sexe qui parle, dans lequel elle interprète une artiste peintre de nus masculins et Extases extra-conjugales, où elle prépare pour son mari sodomite l’intimité anale de Marie-Christine Guennec avec des rondelles de concombre, avant d’utiliser comme gode l’autre moitié de la cucurbitacée. C’est elle qui découvre Richard Allan et ses formidables « aptitudes » lors d’une « soirée » (une partouze, quoi) et lui permet d’intégrer le métier par le biais des romans-photos. La reconversion, dès 1978, est riche : fondation de la première galerie d’art érotique européenne à Paris (1978), engagement en faveur de la « monnaie unique » (« inique », ça marche aussi…) européenne (1985), développement économique de la Grèce (1998) et carrière de « business-woman » au profit des PME françaises à l’international (2006). Un beau parcours au sein des « zélites mondialisées », comme dirait Eric Zemmourroïdes, le gringalet héraut des droitards masculino-virilistes. Qu’ils se couvrent bien, lui et les affreux jojos qui l’accompagneront ce 20 janvier à Washington, on annonce un froid polaire…

La soubrette perverse (José Bénazéraf, 1975)

Le sexe qui parle (Frédéric Lansac, 1975)

mardi 14 janvier 2025

Les « chevilles ouvrières » (2)

Vie sur le magot des « Trente Glorieuses », insécurité contenue, relative homogénéité sociétale et culturelle, absence de technologie envahissante et payés à trombiner des Laura Clair, Jane Baker ou autres Cathy Stewart : coup de projecteur sur deux autres « culs bordés de nouilles »…

Gabriel Pontello

Contrairement à ce que laissent à penser son patronyme, son look de beau brun ténébreux et son côté « macho » raillé par ses partenaires féminines à l’écran, Gabriel Pontello n’est pas italien mais bel et bien français, né à Casablanca (Maroc) le 1er juillet 1949 (enfin, il en a peut-être des origines…). Outre sa carrière d’acteur pornographique, entamée dès 1975, il fût également actif dans le domaine des romans-photos. Idole du légendaire Rocco Siffredi, il lui mit le « pied à l’étrier » dans l’industrie du X en le présentant au producteur Marc Dorcel. Découvreur (entre autres) d’Olinka Hardiman, avec qui il tourna beaucoup dans les années 80 sous la direction de Michel Lemoine, il se tournera vers la réalisation à l’issue de sa carrière d’acteur.  

Les perversions d'un couple marié (Michel Lemoine, 1983)

Mélodie pour Manuella (Joe de Palmer, 1982)


Jacques Gatteau (1944 - 2008)

Peu d’informations sur le dénommé Jacques Gatteau (le plus souvent prénommé « Jack » au générique de ses films), si ce n’est ses dates de naissance (25 mai 1944) et de décès (27 juillet 2008, à seulement 64 ans, donc). Un encart dans le blog Réveil Communiste laisse présager un engagement politique (très) à gauche. Ses interventions dans les « films enquêtes » sur l’univers du porno (Les pornocrates de Davy, La vitrine du plaisir de Kikoïne) donnent l’image d’un « bon gars d’chez nous », franc, drôle et « bien dans ses baskets ». Un peu à l’image de beaucoup de ses rôles. On se souvient notamment de l’accordéoniste quasi-aveugle de Parties fines (Kikoïne), du plombier sur lequel les Petites écolières de Lansac exercent leurs « travaux pratiques » ou de l’assistant réalisateur à l’accent pied-noir de Queue de béton (Caputo).

Queue de béton (Michel Caputo, 1979)

Parties fines (Gérard Kikoïne, 1977)

A pleine bouche (Patrick Aubin, 1977)