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vendredi 5 septembre 2025

Jean-François Davy (1945 – 2025) / Jean-Pierre Bouyxou (1946 – 2025)

 

 

C’est avec stupéfaction (nonobstant leur âge de 79 ans chacun) que j’ai appris, à intervalle proche et par deux blogs de cinéphiles que je consulte régulièrement, la disparition de deux figures de la pornographie française. Pourtant très peu évoquées sur ces pages, essentiellement centrées, je le rappelle si besoin en était, sur les productions de la firme « au fer à cheval » de Francis Mischkind (Alpha France) pour laquelle elles n'ont pas travaillé. Jean-François Davy, tout d’abord, décédé le 2 mai dernier, veille de son 80ème anniversaire. L’homme, qui en cette époque des « mid-seventies » ressemblait un peu au rugbyman français Sébastien Chabal (barbe, cheveux longs, physique imposant), est surtout connu pour son plus gros succès, le film-enquête présenté à Cannes en 1975 Exhibition, avec Claudine Beccarie, qui fit se déplacer pas moins de 3,5 millions de spectateurs dans les salles obscures. Il enchainera, avec moins de succès, par d’autres productions du même style (les suites Exhibition 2 et Exhibition 79, Prostitution, Les Pornocrates). Avant de se lancer dans la pornographie, il avait réalisé des « polissonneries » ayant rencontré un écho favorable au box-office : Bananes mécaniques et Prenez la queue comme tout le monde (plus d’un million d’entrées chacune en 1973). Le reste de sa filmographie, constitué essentiellement de comédies (avec des acteurs du genre Bernard Menez, Henri Guybet, Daniel Ceccaldi ou, plus récemment,… Jean-Marie Bigard, no comment), est beaucoup plus dispensable (euphémisme). Mais c’est surtout dans la production et l’édition vidéo lors de l’essor de la VHS (pornographiques ou non) que Jean-François Davy s’activa.

De Jean-Pierre Bouyxou, journaliste, critique, réalisateur, acteur et scénariste qui s’est éteint ce 2 septembre, lui aussi à 79 ans, je sais bien peu de choses. Comme pour Davy, sa fiche Wikipedia, peu fournie et que je ne vais pas retranscrire ici, informera les personnes intéressées sur son parcours. Notons toutefois qu’il fût un fidèle compagnon de route du réalisateur Jean Rollin, en tant qu’assistant, que ce soit sur ses films X ou d’horreur.

lundi 28 octobre 2024

Disco Sex, de Jean Rollin (1978)

 

Disco Sex (1978)

De : Robert Xavier (Jean Rollin)

Avec : Jean-Pierre Bouyxou (Jean-Pierre), Jean Rollin (le preneur de son), Diane Dubois, Frédérique Prétot, Agnès Lemercier, Cathy Stewart et Marie-Claude Viollet (les actrices), Thierry de Brem, Dominique Irissou, Jacques Gatteau et Alain Plumey / Cyril Val (les acteurs).


Prenez un réalisateur (Jean Rollin) et son assistant (Jean-Pierre Bouyxou), faites-leur interpréter respectivement un preneur de son et un compositeur dans un studio d’enregistrement. Adjoignez-leur une troupe de neuf « hardeurs » et « hardeuses » (quatre gars et cinq filles). Après un briefing de dix minutes où le compositeur leur explique qu’il va enregistrer le « premier disque érotique » et qu’il a donc besoin de leurs râles de jouissance, laissez « carte blanche » à ces professionnels de la fornication. Caméra à l’épaule, vous n’avez alors plus qu’à vous déplacer de couples en couples pour filmer leurs ébats. Séance lesbienne (Diane Dubois et Marie-Claude Viollet), cunni, fellation, 69, lime vaginale (levrette, andromaque, missionnaire…), sodo et double péné (la toujours partante MILF nympho Dubois), éjacs, tout y passe et rien ne manque. Cathy Stewart et Dominique Irissou, couple à la scène comme à la ville, au mode de vie « rock n’roll » et au destin tragique. Agnès Lemercier, elle est… bonne, comme d’habitude. Jacques Gatteau et Cyril Val assurent convenablement. Seule concession à l’imagination et à la surprise : à un moment, De Brem joue du piano (assis) et Lemercier, allongée sur ce même piano, tape sur les touches avec son pied. C’est fou, non ? Tout se termine dans la rigolade et par un bon repas et le disque est mis en boite, avant un générique final sous forme de « cartoon ». Je n’ai que la version italienne mais vu qu’après dix minutes, c’est de la baise non-stop en roue libre, ce n’est pas trop gênant. A l’évidence, le film n’a pas dû coûter cher et sans doute était-ce le but recherché.

Agnès Lemercier et le réalisateur Jean Rollin, aux mains baladeuses...