Ce blog se propose de faire un panégyrique (forcément non-exhaustif) de "l'âge d'or" du cinéma pornographique français, cette "parenthèse enchantée" s'étendant du milieu des années 70 jusqu'au début des années 80, de la libération sexuelle post-68 à l'arrivée de la vidéo et du Sida. Un cinéma en 35 mm (et 20 cm...), avec poils et sans silicone, injustement "ghettoïsé" par l'inique "loi X" de 1975. « La pornographie est un art dont les artistes sont parfois incompris. » (Michel Ricaud)
dimanche 5 janvier 2025
Les grandes vicelardes (1978) / Bouches expertes (1978), de Claude Pierson
mardi 26 novembre 2024
Perversions très intimes (1978) / Partouzes (1979), de Michel Caputo
lundi 18 novembre 2024
Stéphanie recto-verso, de Michel Barny (1978)
lundi 28 octobre 2024
Disco Sex, de Jean Rollin (1978)
Disco Sex (1978)
De : Robert Xavier (Jean Rollin)
Avec : Jean-Pierre Bouyxou (Jean-Pierre),
Jean Rollin (le preneur de son), Diane Dubois, Frédérique Prétot, Agnès
Lemercier, Cathy Stewart et Marie-Claude Viollet (les actrices), Thierry de
Brem, Dominique Irissou, Jacques Gatteau et Alain Plumey / Cyril Val (les acteurs).
Prenez un réalisateur (Jean
Rollin) et son assistant (Jean-Pierre Bouyxou), faites-leur interpréter
respectivement un preneur de son et un compositeur dans un studio
d’enregistrement. Adjoignez-leur une troupe de neuf « hardeurs » et
« hardeuses » (quatre gars et cinq filles). Après un briefing de dix
minutes où le compositeur leur explique qu’il va enregistrer le « premier
disque érotique » et qu’il a donc besoin de leurs râles de jouissance,
laissez « carte blanche » à ces professionnels de la fornication.
Caméra à l’épaule, vous n’avez alors plus qu’à vous déplacer de couples en
couples pour filmer leurs ébats. Séance lesbienne (Diane Dubois et Marie-Claude
Viollet), cunni, fellation, 69, lime vaginale (levrette, andromaque,
missionnaire…), sodo et double péné (la toujours partante MILF nympho Dubois),
éjacs, tout y passe et rien ne manque. Cathy Stewart et Dominique Irissou,
couple à la scène comme à la ville, au mode de vie « rock n’roll » et
au destin tragique. Agnès Lemercier, elle est… bonne, comme d’habitude. Jacques
Gatteau et Cyril Val assurent convenablement. Seule concession à l’imagination
et à la surprise : à un moment, De Brem joue du piano (assis) et Lemercier,
allongée sur ce même piano, tape sur les touches avec son pied. C’est fou,
non ? Tout se termine dans la rigolade et par un bon repas et le disque
est mis en boite, avant un générique final sous forme de « cartoon ».
Je n’ai que la version italienne mais vu qu’après dix minutes, c’est de la
baise non-stop en roue libre, ce n’est pas trop gênant. A l’évidence, le film
n’a pas dû coûter cher et sans doute était-ce le but recherché.
vendredi 20 septembre 2024
2 sœurs lubriques (Jouir !)
2 sœurs lubriques (ou Jouir !)
(1978)
De : Gérard Kikoïne
Avec : Morgane (Alice Moreau),
Patrice Chéron (Frédéric Aumont), Cathy Stewart (Norma, la sœur d’Alice), Hervé
Amalou (Alex, l'amour de jeunesse d’Alice), Diane Dubois (Muriel), Dominique
Aveline (Tony), Alban Ceray (Laurent, l'éditeur), Michel Tureau (le psychiatre,
rôle non hard), Joël Charvier (le photographe), John Oury et Virginie Caillat (les
mannequins), Guy Royer, Claude Janna et Jean-Louis Vattier (les partouzeurs en
voiture), Daniel Bellus (Christian, le garagiste, rôle non hard), Natalie
Perrey (Mado, la mère d'Alice et Norma, rôle non hard), Pitof (Bobby, rôle non
hard), Pierre B. Reinhard (un voyeur devant la boutique, rôle non hard).
Alice (Morgane) est mariée à Frédéric, un écrivain (Patrice Chéron). Un jour, elle est victime de cauchemars et de crises d’angoisse hallucinatoires en lien avec sa débauchée sœur défunte, Norma (Cathy Stewart)…
Tiens, un « Kiko » qui
était passé entre les mailles du filet, non réédité en DVD par Blue One… Là
j’avoue, la jaquette est « gratinée ». En même temps, il n’y a pas
tromperie sur la marchandise, c’est bien le genre d’images que vous vous
attendez à voir dans ce type de films, non ? Un Kikoïne première époque,
donc plus soucieux du développement du script que porté sur les tics de mise en
scène tape-à-l’œil un peu vains, dans la veine des Leroi, Barny et Lansac (ce
dernier signe le scénario). La vie du couple formé par Patrice Chéron (doublé
pour le hard - hors cunnilingus - comme dans Parties fines et L’infirmière) et
Morgane bascule quand celle-ci se trouve en proie à des crises d’angoisse et de
nymphomanie de plus en plus fréquentes, comme si elle devenait possédée. Chéron
va alors mener sa propre enquête pour démêler les fils de cette mystérieuse
histoire. Elle va le mener chez son « ex » Muriel (Diane Dubois), le
psychiatre, la mère et l’amour de jeunesse de Morgane ou encore un garagiste.
Il apprendra l’existence d’une sœur, Norma (Cathy Stewart). Parallèlement,
Aveline, l’amant de Dubois qui a eu vent de tout ça, va tenter de faire chanter
Chéron en photographiant Morgane, toujours sous emprise de ses pulsions, dans
des poses lascives et dénudées. Les scènes finales nous permettront de
comprendre le comportement de Morgane.
Le film baigne dans une ambiance plutôt sombre et inquiétante, parfois onirique voire flirtant avec le fantastique (la scène du magasin de vêtements où les mannequins s’animent). Le choix des musiques (psychédéliques, expérimentales, rock n’roll…), déjà entendues dans des Leroi, Barny ou Lansac, est tout à fait pertinent. Le thème des deux sœurs aux caractères antagonistes fait immédiatement écho à celui de Bourgeoise et… pute (1982), tous deux bénéficiant par ailleurs d’un « twist » final dont Kikoïne a le secret. Pour ce qui est du sexe, les deux scènes les plus hard sont à mettre au crédit de la furie Diane Dubois : pilonnage anal par Aveline (séquence figurant dans le film « making of » La vitrine du plaisir) et fellation goulue sur celui-ci, qu’elle termine le visage barbouillé de semence (!). Parmi les petits rôles, on reconnait Pitof (oui, le mec de Vidocq et Catwoman dans les années 2000), également assistant régisseur et Pierre B. Reinhard, futur réalisateur.
Une histoire, des scènes de
comédie non réduites à la portion congrue, une réalisation inventive, quelques
séquences hard fortes, voilà qui nous change des encéphalogrammes plats
d’Aubin, le saut qualitatif est évident et bienvenu, c’est le jour et la nuit.
Si tous les films X (ou beaucoup plus d’entre eux) étaient comme ça, ce genre serait
peut-être davantage pris au sérieux.
https://fr.xhamster.com/videos/classic-french-2-soeurs-lubriques-8307810
mardi 3 septembre 2024
Cycle Patrick Aubin (4) : L'hôtel des fantasmes / Hôtel de passe
samedi 27 juillet 2024
Je suis à prendre / Parties fines
Deux des films, sinon les films,
les plus emblématiques de la carrière hard de Brigitte Lahaie, dont son préféré
(Je suis à prendre) et même de tout le porno français sur un même DVD ! De
quoi se réjouir ? N’allons pas si vite en besogne. Il est vrai que
rarement films X auront fait preuve d’autant d’ambition (Frédéric Lansac est
hors concours) et auront été réalisés et photographiés avec autant de soin. Mais
cela suffit-il ? C’est ce que nous allons voir.
Je suis à prendre (1978)
Avec : Brigitte Lahaie (Hélène), Patrice Cuny (Bertrand), Karine Gambier (Maguy, la bonne), Jean-Pierre Armand (Hector, le palefrenier), Robert Leray (Ralph, le majordome), Lydie, Sophie Bulle, Geneviève Hue, Christel Lauris, Dominique Aveline, Toni Morena, Gérard Grégory (les membres du club « Le cheval fou »).
Je suis à prendre, le grand
classique de Francis Leroi, voit cet iconoclaste frondeur tenter un ambitieux
pari esthétique, tout en poursuivant sa critique acerbe de la société
bourgeoise et catholique. Hélène (Brigitte Lahaie) se marie avec Bertrand, un
riche châtelain (Patrice Cuny… un nom prédestiné 😂). C’est l’amour fou mais une
fois au château, Bertrand s’absente régulièrement pour se rendre… dans un club
libertin. Sans avoir oublié au préalable de demander à ses domestiques (Karine
Gambier, Robert Leray et Jean-Pierre Armand) de servir quotidiennement à son
épouse un verre de lait… mélangé à un puissant aphrodisiaque. Dès lors, Hélène
est victime de violentes pulsions sexuelles auxquelles lesdits domestiques sont
ravis de répondre. Bertrand pourra alors présenter Hélène aux membres de son
club et tout ce petit monde partouzera dans la joie et l’allégresse.
Leroi dynamite l’institution du
mariage en la confrontant à la débauche du libertinage. Comme dit plus haut, le
film fait preuve d’un grand professionnalisme et d’une grande richesse
formelle. La bande-son est adéquate avec notamment des violons grinçants (j’en
ai entendu de semblables dans un Resnais, si ma mémoire ne me joue pas des
tours…) et les scènes sexuelles sont tournées dans un silence tout juste
perturbé par des râles discrets, ce qui accentue leur réalisme (cela change des
Kikoïne…). Malheureusement, celles-ci sont peu excitantes, en particulier
celles avec le septuagénaire Robert Leray, dont les pénétrations me semblent
simulées (pas de gros plan). Restent la fameuse scène où Brigitte et
Jean-Pierre Armand baisent sur les feuilles mortes à proximité de leurs chevaux
ou les interventions de la toujours plantureuse blonde platine Karine Gambier
dans l’un de ses meilleurs rôles. D’autre part, le film manque un peu de rythme
à mon goût. Bref, si je loue l’effort sur la mise en scène, les aspects
esthétiques, le jeu des comédiens et le scénario, je n’ai pas trouvé ce film si
transcendant. Leroi a fait bien plus audacieux et je reste donc sur mon tiercé
Couples voyeurs et fesseurs / Les petites filles / La servante perverse.
Parties fines (1977)
Avec : Maude Carolle (Alice, la bonne), Brigitte Lahaie (Solange), Patrice Chéron (Pierre), Jacques Gatteau (Jean, l’accordéoniste malvoyant), Alban Ceray (M. Finch), Sylvie Dessartre (Miléna), Guy Royer (Hector, le chauffeur), Michèle d'Agro (Greta, l’auto-stoppeuse), Richard Bigotini (un promeneur, rôle non hard), Chantal Juin (Alice âgée, rôle non hard).
Tourné chez… Monsieur « si
on n’a pas de Rolex à 50 ans, c’est qu’on a raté sa vie » (l’horripilant
Jacques Séguéla), Parties fines (ou Indécences 1930) est le premier film porno
réalisé par Gérard Kikoïne, après qu’il en ait monté plusieurs pour Frédéric
Lansac ou Michel Barny. Et pour un coup d’essai, ça a tout du coup de maître. Alice
(Maude Carolle), se remémore son passé de bonne chez M. Pierre (Patrice Chéron,
doublé pour le hard hors cunnilingus) et Mme Solange (Brigitte Lahaie, brune).
L’action se déroule en 1930 (d’où le titre). Ce couple bourgeois cache bien des
secrets. Monsieur a des penchants sadomasochistes avec sa maîtresse Miléna
(superbe Sylvie Dessartre) tandis que Madame ne rechigne pas aux plaisirs
onanistes, ce qui est aussi le cas d’Alice quand elle ne s’active pas sur le
chauffeur Hector (Guy Royer). Un jour, Pierre prétexte un dîner d’affaires pour
rejoindre Miléna. Pendant son absence, Alice reçoit son frère Jean, un
accordéoniste quasi aveugle (Jacques Gatteau), accompagné de l’énigmatique
Monsieur Finch (Alban Ceray). Ce dernier, qui a une dent contre les gens de la « haute »
et le sexe opposé, va très vite se montrer entreprenant avec la gent féminine
et plutôt menaçant vis-à-vis de cette pauvre Solange qu’il humiliera à maintes
reprises : elle va passer un sale quart d’heure…
Pour son premier hard, « Kiko » se laisse aller à toutes les obscénités langagières et tous les écarts comportementaux (introductions diverses et variées, dont doigts et même rognons, scènes sadomaso…) et c’est… jubilatoire. Le film joue sur différents niveaux (sexuel, social) de domination / soumission : Chéron se fait rabaisser et traiter comme un chien (dans tous les sens du terme) à sa demande par sa maîtresse tandis que Lahaie subira les outrages des invités-surprises et de sa bonne (sodomie - doublée, of course -, ingurgitation de rognon préalablement introduit dans son vagin…). Et les rôles sont inversés, renversés, Chéron échangeant son poste avec son chauffeur et Lahaie prenant la place de sa bonne sous les ordres de Ceray. Le casting est parfait, avec des comédiens sans doute tout heureux d’interpréter de vrais personnages : Maude Carolle, à la gouaille toute « titi parisienne », Gatteau en accordéoniste à la vision plus que trouble, Brigitte en bourgeoise guindée qui finira par se dérider sous les « coups de boutoir » de Ceray (qui mieux que lui pour incarner ce mélange naturel d’élégance et d’autorité ?). La musique est parfaitement raccord avec l’époque et l’ambiance (musette, french cancan). Dommage qu’après deux ou trois autres films dans cette veine satirique avec scénarios assez élaborés (dont l’excellent L’infirmière), Kikoïne fera preuve de moins d’exigence et se dirigera vers une pornographie plus tournée vers « l’entertainment » pur, privilégiant la forme au fond, même s’il sut aussi exceller dans ce domaine.












