Ce blog se propose de faire un panégyrique (forcément non-exhaustif) de "l'âge d'or" du cinéma pornographique français, cette "parenthèse enchantée" s'étendant du milieu des années 70 jusqu'au début des années 80, de la libération sexuelle post-68 à l'arrivée de la vidéo et du Sida. Un cinéma en 35 mm (et 20 cm...), avec poils et sans silicone, injustement "ghettoïsé" par l'inique "loi X" de 1975. « La pornographie est un art dont les artistes sont parfois incompris. » (Michel Ricaud)
vendredi 3 janvier 2025
Blonde on blonde… Je sais rien…
lundi 18 novembre 2024
Stéphanie recto-verso, de Michel Barny (1978)
vendredi 20 septembre 2024
2 sœurs lubriques (Jouir !)
2 sœurs lubriques (ou Jouir !)
(1978)
De : Gérard Kikoïne
Avec : Morgane (Alice Moreau),
Patrice Chéron (Frédéric Aumont), Cathy Stewart (Norma, la sœur d’Alice), Hervé
Amalou (Alex, l'amour de jeunesse d’Alice), Diane Dubois (Muriel), Dominique
Aveline (Tony), Alban Ceray (Laurent, l'éditeur), Michel Tureau (le psychiatre,
rôle non hard), Joël Charvier (le photographe), John Oury et Virginie Caillat (les
mannequins), Guy Royer, Claude Janna et Jean-Louis Vattier (les partouzeurs en
voiture), Daniel Bellus (Christian, le garagiste, rôle non hard), Natalie
Perrey (Mado, la mère d'Alice et Norma, rôle non hard), Pitof (Bobby, rôle non
hard), Pierre B. Reinhard (un voyeur devant la boutique, rôle non hard).
Alice (Morgane) est mariée à Frédéric, un écrivain (Patrice Chéron). Un jour, elle est victime de cauchemars et de crises d’angoisse hallucinatoires en lien avec sa débauchée sœur défunte, Norma (Cathy Stewart)…
Tiens, un « Kiko » qui
était passé entre les mailles du filet, non réédité en DVD par Blue One… Là
j’avoue, la jaquette est « gratinée ». En même temps, il n’y a pas
tromperie sur la marchandise, c’est bien le genre d’images que vous vous
attendez à voir dans ce type de films, non ? Un Kikoïne première époque,
donc plus soucieux du développement du script que porté sur les tics de mise en
scène tape-à-l’œil un peu vains, dans la veine des Leroi, Barny et Lansac (ce
dernier signe le scénario). La vie du couple formé par Patrice Chéron (doublé
pour le hard - hors cunnilingus - comme dans Parties fines et L’infirmière) et
Morgane bascule quand celle-ci se trouve en proie à des crises d’angoisse et de
nymphomanie de plus en plus fréquentes, comme si elle devenait possédée. Chéron
va alors mener sa propre enquête pour démêler les fils de cette mystérieuse
histoire. Elle va le mener chez son « ex » Muriel (Diane Dubois), le
psychiatre, la mère et l’amour de jeunesse de Morgane ou encore un garagiste.
Il apprendra l’existence d’une sœur, Norma (Cathy Stewart). Parallèlement,
Aveline, l’amant de Dubois qui a eu vent de tout ça, va tenter de faire chanter
Chéron en photographiant Morgane, toujours sous emprise de ses pulsions, dans
des poses lascives et dénudées. Les scènes finales nous permettront de
comprendre le comportement de Morgane.
Le film baigne dans une ambiance plutôt sombre et inquiétante, parfois onirique voire flirtant avec le fantastique (la scène du magasin de vêtements où les mannequins s’animent). Le choix des musiques (psychédéliques, expérimentales, rock n’roll…), déjà entendues dans des Leroi, Barny ou Lansac, est tout à fait pertinent. Le thème des deux sœurs aux caractères antagonistes fait immédiatement écho à celui de Bourgeoise et… pute (1982), tous deux bénéficiant par ailleurs d’un « twist » final dont Kikoïne a le secret. Pour ce qui est du sexe, les deux scènes les plus hard sont à mettre au crédit de la furie Diane Dubois : pilonnage anal par Aveline (séquence figurant dans le film « making of » La vitrine du plaisir) et fellation goulue sur celui-ci, qu’elle termine le visage barbouillé de semence (!). Parmi les petits rôles, on reconnait Pitof (oui, le mec de Vidocq et Catwoman dans les années 2000), également assistant régisseur et Pierre B. Reinhard, futur réalisateur.
Une histoire, des scènes de
comédie non réduites à la portion congrue, une réalisation inventive, quelques
séquences hard fortes, voilà qui nous change des encéphalogrammes plats
d’Aubin, le saut qualitatif est évident et bienvenu, c’est le jour et la nuit.
Si tous les films X (ou beaucoup plus d’entre eux) étaient comme ça, ce genre serait
peut-être davantage pris au sérieux.
https://fr.xhamster.com/videos/classic-french-2-soeurs-lubriques-8307810
mardi 3 septembre 2024
Cycle Patrick Aubin (4) : L'hôtel des fantasmes / Hôtel de passe
mardi 9 juillet 2024
Les maitresses / Les femmes mariées / Les esclaves sexuelles
samedi 22 juin 2024
La maison des phantasmes / Couple cherche esclaves sexuels
Tout d’abord, échange de bon
procédé : pour le cinoche rayon « X » et la gaudriole, c’est ici
(entre autres) que ça s’passe. Pour tout le reste, à part peut-être (… Madame
Thatcher) les péplums moldaves sous-titrés en serbo-croate des années 30 (et
encore, j’suis même pas sûr…), il y CinémArt, le bien nommé, avec articles
quasi quotidiens. Mais si vous êtes là, vous connaissez déjà sûrement. Pour les
autres, si vous aimez le cinéma, vous savez ce qu’il vous reste à faire…
Poursuivons aujourd’hui avec deux nouvelles apparitions de la star incontestée (mais pas forcément incontestable) du X français de ces belles années, j’ai nommé Madame Brigitte Lahaie en personne. Cette fois, Brigitte, au sommet de sa beauté et de sa sensualité, est bien l’héroïne de ces deux métrages réalisés par respectivement Burd Tranbaree et Patrick Aubin / Jean-Claude Roy. Deux films à l’univers bourgeois avec un scénario, des dialogues et de la comédie. De quoi (re)donner un peu de crédibilité et de respectabilité au genre.
La maison des phantasmes (1979)
Avec : Richard Allan (Monsieur Matthieu), Brigitte Lahaie (Clarisse), Morgane (Marie, la soubrette), Guy Royer (Firmin, le majordome), Christel Lauris (la mère d'Émilie), Anne-Christine Bézier (Émilie), Dominique Aveline (Monsieur Morange, l’un des violeurs), Piotr Stanislas et John Oury (les deux autres violeurs), Elisabeth Buré (Denise, la femme de chambre).
La maison des phantasmes, aussi exploité sous les titres Soumission, Clarisse ou encore Je mouille pour vous (sic), est un Burd Tranbaree qui sort un peu de l’ordinaire. Visiblement investi, il s’est en effet enfin décidé à raconter une véritable histoire. Celle d’un certain « Monsieur Matthieu », riche châtelain (décidément, peu de « prolos » dans le cinéma de l’ami Burd…) ayant perdu sa virilité suite à un accident de voiture provoqué par sa femme Clarisse (Brigitte Lahaie). Un rôle de composition, donc, pour notre Richard Allan national. Depuis, il passe le plus clair de son temps à jouer du piano… à queue (vous m’en auriez voulu de ne pas la faire, celle-là…) mais pas debout, n’en déplaise à France (hop, et de deux !). Seul un nouveau choc psychologique pourrait lui faire retrouver ses capacités. Dans cette optique, il scénarise pour son épouse tout un tas de rencontres sexuelles avec des inconnus, dont elle devra lui raconter les moindres détails. Il organise par ailleurs d’autres jeux avec ses domestiques, une mère et sa fille. Alors que nombre de films du réalisateur sont une suite quasi ininterrompue de scènes de fornication sur fond de jazz-funk / jazz-rock composé par Alain Goraguer, les « hardeurs » ont ici des scènes de comédie, des personnages à interpréter et la musique est essentiellement constituée de parties de piano (un peu lassantes à la longue). On pourrait même presque dire que Tranbaree tombe dans le travers inverse. Heureusement, il se rattrape dans le dernier quart d’heure et la traditionnelle partouze finale, où guitare et flûte reprennent leurs droits et où Allan, devant le spectacle du viol de sa femme, retrouve toute sa vigueur. Les protagonistes s’effacent alors et laissent notre couple enlacé dans une semi-obscurité. Il y a également une très bonne scène au début, entre Lahaie, Aveline et Buré, filmée au ralenti et ambiancée par une musique psychédélique. La maison des phantasmes fait partie de ces quelques pornos dont la version « soft » fût rééditée par Bach Films.
Couple cherche esclaves sexuels (1979)
Avec : Brigitte Lahaie (Barbara
de Longwie), Hubert Géral (Jacques de Longwie), Alban Ceray (Firmin, le
majordome), Nicole Velna (Alice, l'amie de Firmin), Marie-Claude Viollet (Mathilde,
la secrétaire de Jacques), Dominique Aveline (Victor, l'ami de Firmin).
Jean-Claude Roy / Patrick Aubin
aime à s’inspirer de classiques du cinéma pour l’écriture de ses scénarios
(quand on n’a pas d’idée, autant piquer celles des autres, n'est-ce pas ?). Couple
cherche esclaves sexuels est une variation porno du The servant (1963) de
Joseph Losey. Barbara (Brigitte Lahaie) et Jacques (Hubert Géral, belles
bacchantes…) forment un couple bourgeois sans histoire. Un jour, ils reçoivent
le courrier d’un homme (Alban Ceray) qui se propose de devenir leur domestique.
Ce n’est pas tant que le besoin s’en fasse sentir mais, ma foi, le gars a une
bonne bouille alors ils l’engagent. Bon, comme le mari travaille et que sa
femme passe ses journées seule à lire au bord de leur piscine, que
voulûtes-vous qu’il se passasse (ça existe, ça ? Ma foi, mais avouez
quand même que ça a plus de classe que « J'suis pas ta catin Djadja genre
- En Catchana baby tu dead ça ») ? Ben ouais les gars, oh, on est dans un
porn là, on va pas se contenter de voir le domestique faire le ménage et la
bouffe, il va faire d’autres trucs. Comme se branler sous la douche ou faire
venir une donzelle (la métisse Nicole Velna) pour égayer ses nuits, par exemple.
A la vue de ces spectacles qu’elle espionne, Brigitte va peu à peu tomber sous
l’emprise de Ceray et s’offrir à lui. Géral va découvrir l’entourloupe mais
croyez-vous qu’il s’en offusqua ? Que nenni, bien au contraire ! Un
soir, il les surprend et vient participer. Puis un autre, la métisse les
rejoindra pour une partie à quatre. Voila de quoi pimenter la vie sexuelle du
couple. Ils auront aussi des aventures avec Mathilde, la secrétaire de Jacques
et Victor, un ami de Firmin. Mais un beau matin, c’est le drame : Firmin
s’est barré et a laissé un courrier explicatif. En fait, il n’est pas plus
domestique que vous et moi, c’est un richissime marquis passionné par le sexe
qui initie des couples aux plaisirs de la chair. Pas grave, le mal (ou plutôt
« le bien », en l’occurrence) est fait, le couple est épanoui, forme
un ménage à trois avec Mathilde et recherche un nouveau domestique.
Belle photographie, petite
musique jazzy, actrices au top. « Doubles » simulées sur Brigitte,
qui n’acceptait pas « l’entrée des artistes ».
Je conseille ces films aux fans de Brigitte, ici très à son avantage et aux amateurs de pornos scénarisés, un minimum sensibles aux exigences cinématographiques.








