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vendredi 15 novembre 2024

Les « bi »

Pour ce 13ème épisode de mon passage en revue de celles et ceux qui ont fait et participé à cette grande aventure de la pornographie française sur grand écran, je vais vous parler des « bi ». Non, ne partez pas, Bruno, Jordan, Marion, les deux Eric, je ne parle pas des binationaux mais des… bisexuels (ah merde, bon, vous pouvez vous barrer finalement…). Peu nombreux, évidemment. J’en ai recensé trois. Il faudrait aussi évoquer l’Italien Carmelo Petix (1937-2016) mais sur lequel j’ai trop peu d’informations et que je n’ai pas suffisamment croisé dans les films que j’ai vu jusqu’à présent.

Gil Lagardère (né en 1955) et Piotr Stanislas (né en 1952 en Pologne) font partie des acteurs régulièrement utilisés par Gérard Kikoïne. Le premier est l’un des rares « hardeurs » de l’époque à être plutôt « beau gosse ». Quant au second, dont le visage me fait penser à celui de Dominique Pinon, on l’aura vu s’auto-fellationner dans le Adorable Lola de « Kiko » (on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même…).

Claude Loir, enfin (dont voici une intéressante interview / biographie), est un peu comme la Tour de Pise ou notre « bloc central » politique : il penche sérieusement d’un côté (le côté « hommes », en l’occurrence). S’il intégra le circuit du X hétéro, c’était pour se prouver sa « virilité » et parce que « c’était l’époque » et il le fît essentiellement sous la direction de Burd Tranbaree (sous pseudonyme Ghislain Van Hove), qui lui offrit même le premier rôle masculin dans La Rabatteuse et La perversion d’une jeune mariée.

Gil Lagardère

Principaux rôles et apparitions :

Secrets d’adolescentes (Gérard Loubeau, 1980)

Les petites écolières (Frédéric Lansac, 1980)

Les petites nymphettes (Gérard Kikoïne, 1981)

Ma mère me prostitue (Francis Leroi, 1982)

Dans la chaleur de Saint-Tropez (Gérard Kikoïne, 1982)

La filmographie




Piotr Stanislas

Principaux rôles et apparitions :

La maison des phantasmes (Burd Tranbaree, 1979)

Les vices cachés d’Eva Blue (Francis Leroi, 1979)

Adorable Lola (Gérard Kikoïne, 1981)

Prison très spéciale pour femmes (Gérard Kikoïne, 1982)

Vacances à Ibiza (Gérard Kikoïne, 1982)

La filmographie

Claude Loir

Principaux rôles et apparitions :

La rabatteuse (Burd Tranbaree, 1978)

La perversion d’une jeune mariée (Burd Tranbaree, 1978)

Parties de chasse en Sologne (Burd Tranbaree, 1979)

Les bas de soie noire (Burd Tranbaree, 1981)

La filmographie

vendredi 6 septembre 2024

Cycle Patrick Aubin (5) : Orgies très spéciales / La grande enfilade

Cycle Patrick Aubin, acte 5. Points communs de ces deux sélections : sorties en 1979, présence de la regrettée Cathy Stewart, Diane Dubois et Richard Allan au casting et défilé de protagonistes sexuels. Toujours rien d’impérissable à l’horizon. Cette constance dans l’ennui et le conformisme confinerait presque au génie. La grande enfilade vaut néanmoins le coup d’œil. 


Orgies très spéciales (1979)

Avec : Cathy Stewart (Catherine), Virginie Caillat (Sylvie), Alain Malar (William), Diane Dubois (Jeanne), Dominique Aveline (« Pépito le Mexicain »), Piotr Stanislas (« Roger La Honte »), Richard Allan (« Pelléas »), Joël Charvier (Paul « Spartacus »), Carole Stresse (une invitée).

La toujours vierge Catherine (Cathy Stewart), héritant de l’appartement de sa mère pour quelques jours, veut en profiter pour s’amuser un peu. Elle invite sa copine Sylvie (Virginie Caillat) puis son petit ami William (Alain Malar). Mais elles n’obtiendront rien de ce dernier, un peu coincé et ne souhaitant pas faire l’amour à Catherine avant le mariage. Elles se rabattent alors sur un réseau téléphonique libertin et invitent certains de ses membres à venir les rejoindre. Débarquent alors un Mexicain amateur de pâtes (Dominique Aveline), un « zonard » (Piotr Stanislas), une lesbienne quadra (Diane Dubois)…

Bonne idée vite abandonnée : la galerie de personnages atypiques, avec Dominique Aveline en Mexicain cuisinant des pâtes qui s’avèreront dégueulasses (qu’est-ce qu’on rigole…) ou Piotr Stanislas en loubard parigot. Puis arrive la vétérante Diane Dubois (déjà 40 balais au compteur) pour de longuettes parties saphiques avec Caillat et Stewart. Quand vient Richard Allan, elle se fait prendre en double avec Caillat équipée d’un gode car, bien que lesbienne, « c'est quand même pas mal, une vraie queue »… Derniers invités, le couple formé de Joël Charvier et l’inconnue Carole Stresse. A la fin, on apprend que la mère de Stewart s’absentera encore quelques jours. Les filles vont donc pouvoir continuer à s’envoyer en l’air (baillements…). Faux sperme en quelques occasions et toujours les mêmes musiques de Bréjean (jazz en sourdine, boogie).

Tu t'es trompée de film, toi, pourquoi t'es pas à oilpé ?



La grande enfilade (1979)

Avec : Diane Dubois (Monique Grévin), Richard Allan (Alain Grévin), Claudia Mehringer (Joséphine), Cathy Stewart (Elisabeth), Jacques Gatteau (David Longval), Marie-Claude Viollet (Françoise), Edwige Faillel (Gloria), Jean-Louis Vattier (Bernard), Guy Royer (Antoine).

Alain et Monique (Richard Allan et Diane Dubois), couple libertin, donnent une soirée à l'occasion de leur cinquième anniversaire de mariage.

Voila qui sent le « scénario » griffonné sur un coin de table et n’ayant pas dû occasionner trop de triturage de méninges. A mon avis, ils doivent faire un concours, genre « qui rédigera le script le plus court ? »… Tiens, pour commencer, Allan rase la chatte de Dubois. Why not ? Puis, il lui branle bien le clito jusqu’à ce qu’elle jouisse mais ils sont interrompus dans leur ouvrage par quelqu’un qui sonne à la porte. On ne respecte plus rien, de nos jours… C’est Cathy Stewart qui arrive en avance à leur fête pour se faire prêter des collants. Dubois n’en n’a pas, elle essaie d’abuser de Cathy qui se débat, se cogne et perd connaissance. Alors avec Allan, elle la ligote, la bâillonne et l’enferme dans une malle. De la serrure de celle-ci, Stewart pourra apercevoir les ébats des invités. Qui ne tardent pas à arriver. Avec, par ordre d’apparition : un couple de lesbiennes (Marie-Claude Viollet et Edwige Faillel) mais qui ne dédaignent pas la bite, un sexologue dandy (Jacques Gatteau) et Antoine (Guy Royer), ex-amants de Dubois et enfin le benêt et inhibé Bernard (Jean-Louis Vattier), accompagné de la cousine (Claudia Mehringer) de sa petite amie qui n’est autre que Cathy Stewart. Tout ce petit monde copule joyeusement même quand Gatteau, intrigué, finit par découvrir et faire sortir de sa malle notre pauvre Cathy, qui n’en tient pas rigueur à Dubois. Les joies du sexe aplanissent tous les conflits. Si ça pouvait donner des idées à notre désastreuse classe politique… Quoique, c’est peut-être ce qui se passe… Vous imaginez une partie à trois entre Marine, Emmanuel et Jean-Luc ? Cette Grande enfilade est quand même évidemment bien plus bandante que cette vision d’horreur, je vous rassure 😄. 


mercredi 31 juillet 2024

L’initiation d’une femme mariée / Les bas de soie noire


Et voilà, pour la vague de rééditions DVD des « grands classiques » Alpha France par Blue One, c’est terminé. Et comment mieux finir en beauté qu’avec deux des meilleurs Tranbaree ? A l’instar de Claude François, il s’est arrêté quand il commençait à s’améliorer. Sauf que contrairement au chanteur… survolté (sic) à la voix de porte qui grince, c’est de son plein gré qu’il mit un terme à ses productions pornographiques, en grande partie en raison du SIDA naissant. Deux films-sommes, aux castings pléthoriques et qui abordent de nombreux thèmes phares de la sexualité / pornographie : l’initiation, le fétichisme, le libertinage, le voyeurisme. Coup de projecteur.  

L’initiation d’une femme mariée (1983)

Avec : Cathy Ménard (Babeth), Richard Allan (Simon), Elisabeth Buré (Victoria), France Lomay (Brigitte, la tenancière du club échangiste, rôle non hard), Piotr Stanislas (le baron), Marie-Christine Chireix (Dominique, la secrétaire de Simon), Alban Ceray, Evelyne Lang, Carole Piérac, André Kay, Claude Valmont, Vic Samama, Alain L’Yle, Carole L’Yle (des échangistes), Cathy Stewart (Christiane).

L’initiation d’une femme mariée n’est pas le dernier film pornographique français tourné en 35mm. Mais c’est le dernier film X du prolifique Claude Bernard-Aubert (Burd Tranbaree) et il est considéré comme étant le dernier « grand film » du genre, signant de facto la fin de son « âge d’or » (1975-1983). Est-ce un hasard s’il est sorti la même année, en 1983 donc, que l’avènement du funeste « tournant de la rigueur » (une soi-disant « parenthèse » qui ne s’est jamais refermée depuis) ? Il peut m’arriver d’avoir l’âme « complotiste » mais oui, la pornographie ne revêtant aucun enjeu (géo)politique majeur, il s’agit d’une simple coïncidence tout juste bonne à nous faire détester davantage encore cette maudite année charnière, rien de plus. Mais revenons à nos moutons. Pour son dernier tour de piste, l’ami Burd a mis les petits plats dans les grands et s’est surpassé. Alors oui, c’est comme bien souvent avec lui du cul quasi non-stop (mais s’inscrivant toutefois dans une trame narrative) rythmé par les bandes-son de son fidèle compositeur Alain Goraguer (sous pseudo Paul Vernon), arrangeur pour Gainsbourg et Ferrat (y’a pire, non ?). Bien sûr, cet exubérant étalage de chair nue et cette suite quasi ininterrompue de coïts en tout genre pourront paraitre à certains aussi indigestes qu’un Kouglof mais il faut le voir comme une troupe faisant ses adieux à la scène lors d’une ultime représentation. L’époustouflante Cathy Ménard au regard bleu azur trouve là son plus grand rôle avec celui du Bourgeoise et… pute de Kikoïne. Elle est Babeth, une femme qui s’ennuie et peu portée sur les choses du sexe. Au grand dam de son mari Simon (Richard Allan) qui lui a une libido débordante et qui ne manque pas d’exprimer sa frustration devant cet état de fait (« La vie idéale, c’est la vie de la poêle à frire : le cul au chaud, le ventre plein et la queue dans la main de la cuisinière ! », réplique « masterclass »). Il la trompe (avec sa secrétaire, une voisine, bref, avec tout ce qui traine…), elle le suit, l’espionne et… ça l’excite. Dès lors, elle va peu à peu se laisser convaincre par son époux d’emprunter le chemin du plaisir en mettant un peu de « piment » dans leur vie sexuelle. Ces jeux les mèneront au Bois de Boulogne, où elle joue à la pute et lui au client, à une partie à trois avec une autre femme (cette infatigable travailleuse qu’est Elisabeth Buré) et jusque dans des fêtes échangistes. Une valeur quasi documentaire puisque ces lieux de débauche frénétique ont existé et existent probablement toujours. Cathy Ménard nous gratifie de sa première (seule ?) sodomie à l’écran, avec Allan, lors de la soirée masquée finale. Babeth et Simon finiront par organiser eux-mêmes des parties fines à leur domicile. On n’est jamais aussi mieux servi que par soi-même. Et puis ça évite les transports et les embouteillages…

Au bal, au bal masqué ohé, ohé...


Les bas de soie noire (1981)

Avec : Christina Schwartz (Patricia), Elisabeth Buré (Jeannette, une domestique), Claude Loir (Vincent, le riche châtelain), Guy Royer (Albert, un domestique), Richard Allan (Victor, un domestique), Dominique Saint Claire (Judith), Hélène Shirley (Elisabeth), Hubert Géral (Bernard / un domestique), Dominique Aveline (Bertrand), Cathy Stewart (Julie, une domestique), Nadine Roussial (Françoise, l’amie de Bertrand), Gabriel Pontello (Jean-Louis), Mika Barthel, Laura Clair, Cyril Val et Piotr Stanislas (les invités).

Autre super-production, aux casting et décors luxueux, Les bas de soie noire est également un classique du genre par la multitude de thèmes qu’il brasse : l’initiation sexuelle d’une jeune femme, le fétichisme (lié aux bas de soie noire, comme l’indique le titre), le voyeurisme, le libertinage, les domestiques… Et influent avec ça, la leçon sera retenue par Jean Rollin et Marc Dorcel pour leur Parfum de Mathilde de 1994 tourné en vidéo (avec Draghixa et Julia Chanel). La jeune Patricia (Christina Schwartz) arrive au château de Vincent (Claude Loir), chargé par la mère de celle-ci de parfaire l’éducation de sa fille. Les domestiques mettront « la main à la pâte ». Parallèlement, le château accueille des couples pour des soirées libertines où les bas de soie noire sont mis à l’honneur. Patricia sera dans un premier temps voyeuse, grâce aux miroirs sans tain et trous dans les murs, avant de participer elle-même à ces ébats. Le casting est pléthorique, en dehors de Marilyn Jess, Alban Ceray et Jean-Pierre Armand (qui sont plutôt « Team Kikoïne »), « ils sont venus, ils sont tous là » : Buré, Saint Claire, Shirley, Stewart, Roussial, Barthel, Clair chez les dames (le charme français dans toute sa splendeur), Allan, Royer, Aveline, Pontello, Géral, Stanislas, Val chez les messieurs. Thèmes aidants, il y a un peu plus de mise en ambiance érotique que d’habitude et la bande-son offre une belle alternance entre mélopées au piano et jams guitaristiques ou séquences reggae plus enjouées. Parmi les scènes notables, celle où Schwartz se voit offrir pour le petit-déjeuner… trois queues (Allan, Royer et Géral). Il faut bien que le « métier » rentre, c’est en forgeant qu’on devient forgeronne… Et la double pénétration de Mika par Géral et Stanislas. Cette dernière illumine l’écran de sa sensualité et sa féminité explosive, de même que Dominique Saint Claire. Nadine Roussial se fait un peu prier au début (« Je ne suis pas fétichiste ») avant de « les vouloir tous ». Et tout finit comme à chaque fois ou presque par une partouze réunissant aussi bien invité(e)s que domestiques. La caméra de Tranbaree papillonne de « fleurs en fleurs », en plan rapproché, dans un maelström sonore où s’entrechoquent tous les thèmes musicaux. Encore de la belle ouvrage.



En résumé, en conclusion, deux « masterpieces » de Tranbaree et du X français, à posséder absolument.

samedi 22 juin 2024

La maison des phantasmes / Couple cherche esclaves sexuels


Tout d’abord, échange de bon procédé : pour le cinoche rayon « X » et la gaudriole, c’est ici (entre autres) que ça s’passe. Pour tout le reste, à part peut-être (… Madame Thatcher) les péplums moldaves sous-titrés en serbo-croate des années 30 (et encore, j’suis même pas sûr…), il y CinémArt, le bien nommé, avec articles quasi quotidiens. Mais si vous êtes là, vous connaissez déjà sûrement. Pour les autres, si vous aimez le cinéma, vous savez ce qu’il vous reste à faire…

Poursuivons aujourd’hui avec deux nouvelles apparitions de la star incontestée (mais pas forcément incontestable) du X français de ces belles années, j’ai nommé Madame Brigitte Lahaie en personne. Cette fois, Brigitte, au sommet de sa beauté et de sa sensualité, est bien l’héroïne de ces deux métrages réalisés par respectivement Burd Tranbaree et Patrick Aubin / Jean-Claude Roy. Deux films à l’univers bourgeois avec un scénario, des dialogues et de la comédie. De quoi (re)donner un peu de crédibilité et de respectabilité au genre.

La maison des phantasmes (1979)

Avec : Richard Allan (Monsieur Matthieu), Brigitte Lahaie (Clarisse), Morgane (Marie, la soubrette), Guy Royer (Firmin, le majordome), Christel Lauris (la mère d'Émilie), Anne-Christine Bézier (Émilie), Dominique Aveline (Monsieur Morange, l’un des violeurs), Piotr Stanislas et John Oury (les deux autres violeurs), Elisabeth Buré (Denise, la femme de chambre).


La maison des phantasmes, aussi exploité sous les titres Soumission, Clarisse ou encore Je mouille pour vous (sic), est un Burd Tranbaree qui sort un peu de l’ordinaire. Visiblement investi, il s’est en effet enfin décidé à raconter une véritable histoire. Celle d’un certain « Monsieur Matthieu », riche châtelain (décidément, peu de « prolos » dans le cinéma de l’ami Burd…) ayant perdu sa virilité suite à un accident de voiture provoqué par sa femme Clarisse (Brigitte Lahaie). Un rôle de composition, donc, pour notre Richard Allan national. Depuis, il passe le plus clair de son temps à jouer du piano… à queue (vous m’en auriez voulu de ne pas la faire, celle-là…) mais pas debout, n’en déplaise à France (hop, et de deux !). Seul un nouveau choc psychologique pourrait lui faire retrouver ses capacités. Dans cette optique, il scénarise pour son épouse tout un tas de rencontres sexuelles avec des inconnus, dont elle devra lui raconter les moindres détails. Il organise par ailleurs d’autres jeux avec ses domestiques, une mère et sa fille. Alors que nombre de films du réalisateur sont une suite quasi ininterrompue de scènes de fornication sur fond de jazz-funk / jazz-rock composé par Alain Goraguer, les « hardeurs » ont ici des scènes de comédie, des personnages à interpréter et la musique est essentiellement constituée de parties de piano (un peu lassantes à la longue). On pourrait même presque dire que Tranbaree tombe dans le travers inverse. Heureusement, il se rattrape dans le dernier quart d’heure et la traditionnelle partouze finale, où guitare et flûte reprennent leurs droits et où Allan, devant le spectacle du viol de sa femme, retrouve toute sa vigueur. Les protagonistes s’effacent alors et laissent notre couple enlacé dans une semi-obscurité. Il y a également une très bonne scène au début, entre Lahaie, Aveline et Buré, filmée au ralenti et ambiancée par une musique psychédélique. La maison des phantasmes fait partie de ces quelques pornos dont la version « soft » fût rééditée par Bach Films.



Couple cherche esclaves sexuels (1979) 

Avec : Brigitte Lahaie (Barbara de Longwie), Hubert Géral (Jacques de Longwie), Alban Ceray (Firmin, le majordome), Nicole Velna (Alice, l'amie de Firmin), Marie-Claude Viollet (Mathilde, la secrétaire de Jacques), Dominique Aveline (Victor, l'ami de Firmin).


Jean-Claude Roy / Patrick Aubin aime à s’inspirer de classiques du cinéma pour l’écriture de ses scénarios (quand on n’a pas d’idée, autant piquer celles des autres, n'est-ce pas ?). Couple cherche esclaves sexuels est une variation porno du The servant (1963) de Joseph Losey. Barbara (Brigitte Lahaie) et Jacques (Hubert Géral, belles bacchantes…) forment un couple bourgeois sans histoire. Un jour, ils reçoivent le courrier d’un homme (Alban Ceray) qui se propose de devenir leur domestique. Ce n’est pas tant que le besoin s’en fasse sentir mais, ma foi, le gars a une bonne bouille alors ils l’engagent. Bon, comme le mari travaille et que sa femme passe ses journées seule à lire au bord de leur piscine, que voulûtes-vous qu’il se passasse (ça existe, ça ? Ma foi, mais avouez quand même que ça a plus de classe que « J'suis pas ta catin Djadja genre - En Catchana baby tu dead ça ») ? Ben ouais les gars, oh, on est dans un porn là, on va pas se contenter de voir le domestique faire le ménage et la bouffe, il va faire d’autres trucs. Comme se branler sous la douche ou faire venir une donzelle (la métisse Nicole Velna) pour égayer ses nuits, par exemple. A la vue de ces spectacles qu’elle espionne, Brigitte va peu à peu tomber sous l’emprise de Ceray et s’offrir à lui. Géral va découvrir l’entourloupe mais croyez-vous qu’il s’en offusqua ? Que nenni, bien au contraire ! Un soir, il les surprend et vient participer. Puis un autre, la métisse les rejoindra pour une partie à quatre. Voila de quoi pimenter la vie sexuelle du couple. Ils auront aussi des aventures avec Mathilde, la secrétaire de Jacques et Victor, un ami de Firmin. Mais un beau matin, c’est le drame : Firmin s’est barré et a laissé un courrier explicatif. En fait, il n’est pas plus domestique que vous et moi, c’est un richissime marquis passionné par le sexe qui initie des couples aux plaisirs de la chair. Pas grave, le mal (ou plutôt « le bien », en l’occurrence) est fait, le couple est épanoui, forme un ménage à trois avec Mathilde et recherche un nouveau domestique.

Belle photographie, petite musique jazzy, actrices au top. « Doubles » simulées sur Brigitte, qui n’acceptait pas « l’entrée des artistes ».



Je conseille ces films aux fans de Brigitte, ici très à son avantage et aux amateurs de pornos scénarisés, un minimum sensibles aux exigences cinématographiques.