mardi 15 septembre 2026

Et c’est la mort qui l’a assassinée… Catherine Ringer (1957 – 2026)

 

Vous avez remarqué, la « grande faucheuse » ne chôme pas, en ce moment. Philippe Bouvard, Dolly Parton, Edouard « je vous demande de vous arrêter » Balladur, Tony Gatlif, Jean-Paul Rappeneau… Elle me permet aujourd’hui de « relancer » (?) ce blog, désormais sous « assistance respiratoire ». Une vie est une vie mais bien évidemment, certaines disparitions, en fonction de nos goûts, centres d’intérêt, sympathies ou de l’âge du (de la) défunt(e), nous touchent plus que d’autres. Ainsi donc, la belle et grande Catherine Ringer nous a quitté cette nuit du 14 au 15 septembre 2026, à quelques semaines de ses… 69 ans (née le 18 octobre 1957) pour rejoindre son compagnon Fred Chichin, disparu fin 2007. Encore ce p*tain de crabe. Paradoxalement vis-à-vis de la thématique de ce blog, la chanteuse me manquera davantage que l’actrice porno, genre cinématographique dont elle n’a jamais vraiment été une « star » mais plus une « curiosité » (Gérard Kikoïne, qui lui avait donné un petit rôle dans son Greta, Monica et Suzelle, avait dit qu’elle n’était qu’un « cul », bref une figurante). Ses quelques prestations qu’il m’ait été donné de voir sont certes plutôt mémorables d’intensité mais si elle n’a jamais renié ce passé, le fait qu’elle ait avoué en interviews (chez Mireille Dumas puis, plus tard et de façon plus émouvante, Claire Chazal) en avoir gardé de mauvais souvenirs et des séquelles me donne une sorte de « mauvaise conscience » ou du moins un arrière-goût dans la bouche. Disons que ça gâche un peu le plaisir (vous me rétorquerez à raison : « Et les autres ? C’est peut-être pareil, on sait pas »).

Pour ce qui est de la chanteuse, l’ironie de l’histoire veut que j’écoutais sur Youtube pas plus tard que hier soir l’album The No Comprendo (1986), pour voir si les titres autres que les 4 méga-hits-de-la-mort-que-tout-le-monde-connait en justifiaient un achat. Je mentirai en disant que je suivais son actualité (d’ailleurs, je ne suis plus l’actualité musicale, cela fait des années que j’ai perdu la foi pour la « nouveauté »). Mais le duo qu’elle formait avec Chichin au sein des Rita Mitsouko occupe un pan important de ma maigre discothèque française. Comme chez Alain Bashung, « y’a à manger », entre les musiques, les textes, les interprétations scéniques ou même l’aspect pictural (photos, clips). Chaque album voire chaque chanson est un voyage, c’est comme une boite de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber. Préférence bien sûr pour leurs années 80 bardées de tubes (Marcia Baïla, Andy, C’est comme ça, Le petit train…), qu’ils auront illuminé de leur excentricité, au milieu des « one (two / three) hit wonder » qui font depuis le bonheur (sic) des compilations 80’s Wagram ou Nostalgie, les Mas, Mader, Quartz, Loeb et autres Charby (qui, de sa retraite américaine, relaie, à l’instar de Richard Allan, les vidéos des Knafo, Maréchal et autres Ciotti sur sa page Facebook. Triste). Coup de cœur aussi pour le controversé et daté (rien de péjoratif) disque de remixes Re (1990) et l’album du retour Cool Frénésie (2000), très varié et d’où est tiré le single (promo) La sorcière et l’inquisiteur, remarquablement interprété lors des Victoires de la Musique 2001.

R.I.P, Cathy…   

lundi 6 juillet 2026

Disco Sex Machine (doc ARTE)


« C’était une espèce de période d’insouciance où l’on ne pensait qu’à jouir, à rire, à s’amuser, à danser… Et évidemment, bon, on a un peu la nostalgie aujourd'hui de cette période. » (Amanda Lear)

On ne remerciera jamais assez ARTE, meilleure chaine (ou la moins pire) du « PAF » depuis que Canal+ n’est plus cette chaine sinon subversive, du moins atypique et iconoclaste, et qu’elle appartient au milliardaire conservateur et identitaire Vincent Bolloré (né un 1er avril et ce n’est pas une blague…), dont Groland et ses quelques fulgurances sont les derniers vestiges. Une chaine publique, ce qui n’est évidemment pas un hasard (même raisonnement avec FIP de Radio France), n’en déplaise aux grincheux-hargneux du « c’est avec nos impôts ! »… C’est tout à fait logique puisqu’une structure privée n’a pour seule ambition que d’engranger des bénéfices, que ce qu’elle fabrique et / ou commercialise soit vertueux, moral et bénéfique pour l’humanité et l’environnement ou pas. ARTE est donc à ma connaissance la seule à nous proposer à un rythme soutenu des documentaires sur le cinéma, la musique ou les questions de société. Qu’on peut évidemment critiquer, pour certains, pour leur superficialité ou leur « orientation » (mais nous sommes TOUS « orientés », même les auto-proclamés « non-orientés » qui de fait se soumettent – par résignation ou approbation – à la délétère marche actuelle du monde et c’est leur droit le plus strict) pas toujours à bon escient (mettre Trump ou le Brexit à toutes les sauces, même quand ça semble tomber comme un cheveu sur la soupe…). Celui dont j’ai choisi de vous parler aujourd’hui pour relancer quelque peu ce blog définitivement en sommeil (j’ai installé un « bloqueur de porno » sur mon ordi… Plus difficile en effet de s’en passer que du chocolat, des chips et autres biscuits industriels désormais bannis de mon régime alimentaire…) appartient sans nul doute à cette catégorie. Il y est question des vagues, concomitantes, du disco et du porno lors des mythiques post-soixante-huitardes 70's, sur le schéma classique naissance – ascension – apogée – déclin – disparition – renaissance sous une autre forme. Et de leurs liens. Bon, le porno (français), pas la peine d’y revenir, c’est l’objet de ce blog. Le disco, j’aime bien aussi car il participe de la même mentalité hédoniste mais pas les trucs kitschissimes comme Boney M ou les Village People. Non, juste quelques « hits » de gens plus sérieux : les faramineux Love to Love You Baby et I Feel Love du trio Summer – Moroder – Bellotte, le groupe Chic (pour lui-même et pour Diana Ross ou les Sister Sledge), Love Hangover de Diana Ross (l’une de mes chansons favorites tous genres confondus), Stayin' Alive des Bee Gees et quelques autres. Bien évidemment, et l’un et l’autre furent récupérés par le Dieu Marché, par les billets verts alléché. Et leur chute fût brutale : SIDA, apparition de la vidéo, l’inique autodafé de la Disco Demolition Night de 1979… Pour qui s’intéresse à ces deux mouvements, ce documentaire ne lui apprendra sans doute pas grand-chose de nouveau. Mais ma foi, ça fait toujours plaiz de (re)voir quelques images d’archives, la divine et regrettée Donna Summer, Amanda Lear, Brigitte Lahaie ou Gérard Kikoïne, qui y interviennent en compagnie du musicien et compositeur français Cerrone et de quelques « spécialistes » venus eux aussi « ramasser un p’tit billet ». A ce sujet, je suis un peu inquiet pour « Kiko », 80 piges aux nougats… Il avait annulé, il y a quelques temps, une dédicace organisée par Pulse Store pour cause de « maladie » et là, je l’ai trouvé en petite forme. Doc disponible jusqu'au 4 août, ne trainez pas…

lundi 4 mai 2026

Résultats sondage

Les résultats de mon sondage sur vos actrices favorites sont tombés et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ne sont pas très originaux. On ne peut pas dire que vous vous soyez « cassé le cul », si j’ose m’exprimer ainsi 😄… Ainsi donc, Marilyn Jess l’emporte d’une voix face à Brigitte Lahaie (8 votes contre 7). Derrière les deux stars, la fascinante Cathy Ménard et Hélène Shirley, du classique là aussi, obtiennent 4 suffrages chacune. Et parmi les comédiennes ayant obtenu au moins 2 votes, on trouve sans surprise Julia Perrin, Karine Gambier, Olinka et Catherine Ringer. Plus étonnant est par contre le « zéro pointé » de la regrettée Cathy Stewart, figure pourtant établie et récurrente du cinéma X de ces belles années. Peut-être en raison du classement par ordre alphabétique des patronymes, le sien figurant du coup en queue de peloton ? Quoi qu’il en soit, merci à tous les participants à ce sondage. Et n’oubliez pas que derrière Marilyn et Brigitte, elles sont quelques-unes qui gagnent à être (re)connues…

mardi 31 mars 2026

Un jeune homme de bonne famille (2025), de Sébastien Lifshitz

« J’essaie de faire en sorte que le jour de ma mort soit le plus beau jour de ma vie. »

Les aléas de l’algorithme Youtubien m’ont orienté vers ce documentaire consacré à Claude Loir et diffusé sur ARTE (ce n’est évidemment pas sur une chaine privée qu’une telle chose pourrait l’être…). Une vie et quelle vie ! Faite de blessures (père absent, mère peu aimante, homosexualité non acceptée…), de rencontres et de plaisirs débridés. Et qui embrassera, dans les années 70, la libération sexuelle et l’explosion du cinéma porno. Essentiellement gay bien sûr mais aussi hétéro sous le pseudo de Ghislain Van Hove, en particulier chez Burd Tranbaree qui lui offrira le premier rôle dans La rabatteuse et La perversion d’une jeune mariée, tous deux avec notre Brigitte nationale. Le témoignage très touchant d’un homme qui l’est tout autant.

vendredi 6 mars 2026

Dictionnaire des films français pornographiques & érotiques 16 et 35 mm (2011)

 

« J’adore ça, je ne vivrai jamais assez vieux pour tous les voir ! »

Ah, sacré Maurice (Pialat, NDLR), t’es comme moi… A vrai dire, il n’y a pas grand-chose sur Terre que j’aime autant que ça. La musique, la bonne bouffe et les voyages (en France et en Europe – dont la partie Ouest de la Russie –, pas au-delà), c’est à peu près tout. Ceci dit, tant mieux, finalement. Car comme l’alcool ou les aliments gras et sucrés (tout ce qui est bon, quoi…), la pornographie est hélas à consommer avec modération. Et puis y’en a tellement eu, vous imaginez, impossible de tous les voir. A défaut, on pourrait se contenter des meilleurs. Oui mais comment faire pour séparer le bon grain de l’ivraie ? C’est là qu’entrent en jeu l’excellent Christophe Bier et vingt-cinq collaborateurs, dont deux femmes, Sérène Delmas et Britt Nini (« Qu’est-ce qu’un bon film porno ? Ils sont tous biens. Il n’y a pas de critère. »). Ils ont répertorié pour nous la totalité des films pornographiques (y compris gays) tournés en pellicule (ce qui exclut de fait la vidéo) entre 1974 et 1996. Auxquels ils ont joint des films érotiques, pour aboutir à 1813 longs-métrages français. Un parti pris que je regrette. En effet, un film porno, y’a pas de doute, on sait ce que c’est (le très nul Baise-moi, ici présent, étant un cas un peu à part). Un film érotique, c’est déjà plus subjectif (Bier lui-même regrette après coup de n’avoir pas intégré Le Genou de Claire d'Éric Rohmer). Quoi qu’il en soit, certains risqueraient la syncope en découvrant que Calmos, Le dernier tango à Paris, 37°2 le matin, Cet obscur objet du désir ou Les galettes de Pont-Aven côtoient Suce-moi salope, L’infirmière n’a pas de culotte ou J'ai très envie de nymphettes à sodomiser dans un même ouvrage ! Je me suis donc offert ce pavé d’environ 1200 pages. Encore près de cent balles dépensées mais quand on aime, on ne compte pas. Il aura nécessité treize ans d’efforts. Aucune illustration. Chaque film fait l’objet d’une description détaillée avec fiche technique, distribution, synopsis, critique, éventuelles anecdotes, date de sortie, salles d’exclusivité, titre(s) alternatif(s) et verdict de la Commission de classification des œuvres cinématographiques (Alfred Barbariche – ce nom ! –, qui en était visiblement le secrétaire, revient avec insistance). On se délectera des avis outrés (lorsque l’interdiction totale est préconisée, quand ça tourne autour du viol, de l’inceste, du SM, ce genre…) ou parfois délivrés sur le ton de la plaisanterie de cette dernière ainsi que de la réjouissante vulgarité outrancière de nombreux titres. Ou de celle, plus égocentrique, de la pionnière Sylvia Bourdon (un sacré numéro, celle-là !) dans un film-enquête dont le titre m’échappe, où elle déclare « aimer l’odeur de ses pets » (!). Et quel plaisir de voir ces films critiqués aussi sérieusement que le seraient ceux dits « traditionnels ». Mais par quel bout (sic) prendre cette somme d’informations, ce monde fascinant fait de débrouille (les films faits à partir de stock-shots d’autres films, les budgets faméliques…), ce morceau d’histoire, les plus grands films de ce genre maudit étant circonscrits entre, grosso modo, 1974 (début du septennat Giscard, fin de la censure puis « rétropédalage » avec la « loi X » devant le déferlement des œuvres pornographiques) et 1983 (début du règne du « mythe errant » et répression accrue avec application stricte de ladite loi, jusqu’ici habilement contournée, arrivées de la vidéo et du Sida) ? Premier réflexe : vérifier si l’avis des rédacteurs érudits sur les films chroniqués sur ce blog diverge (et diverge, c’est… oui, je sais, elle est facile) du mien. Dans l’ensemble, on est plutôt raccord, notamment sur des chefs-d’œuvre incontestables (Le droit de cuissage, Mes nuits avec…, Parties fines, La femme objet…) ou la filmo de Francis Leroi. Par contre, Dans la chaleur de Saint-Tropez est vu comme « un parfait exemple du mauvais goût des années 80 pour les sociologues du futur ». Malheureusement, pas de « top » récapitulatif des films les plus appréciés des chroniqueurs en fin d’ouvrage, il faudra donc « aller à la chasse » par soi-même pour découvrir les « pépites » méconnues du genre. Alors autant y aller par ordre alphabétique et lire ce dico comme un bouquin classique, du début à la fin. Un signet nous aidera à marquer la page où nous nous sommes arrêtés précédemment. Outre les célèbres réalisateurs mentionnés sur ce blog (Kikoïne, Tranbaree, Lansac, Leroi, Barny, Aubin, Lemoine, Fleury, Rollin, Caputo, Davy), on découvre d’autres stakhanovistes tels Alain Payet, José Benazeraf, Anne-Marie Tensi, Henri Sala, Lucien Hustaix, Claude Pierson, Pierre B. Reinhard, Gilbert Roussel, Jean Luret ou encore Pierre Unia. Bref, y’a de quoi faire… Ah, au pays des « fromages (et aussi, de plus en plus, des idées…) qui puent » et dans ce monde qui devient irrespirable, que cette période insouciante (j’étais trop jeune pour la vivre pleinement), ce cinéma hédoniste, libertaire, subversif et potache (bien qu’également ambigu) me manquent ! Nous n’aurions jamais dû nous aventurer au-delà de 1982. Ce tour de force est donc aussi une formidable machine à remonter le temps.