vendredi 6 mars 2026

Dictionnaire des films français pornographiques & érotiques 16 et 35 mm (2011)

 

« J’adore ça, je ne vivrai jamais assez vieux pour tous les voir ! »

Ah, sacré Maurice (Pialat, NDLR), t’es comme moi… A vrai dire, il n’y a pas grand-chose sur Terre que j’aime autant que ça. La musique, la bonne bouffe et les voyages (en France et en Europe – dont la partie Ouest de la Russie –, pas au-delà), c’est à peu près tout. Ceci dit, tant mieux, finalement. Car comme l’alcool ou les aliments gras et sucrés (tout ce qui est bon, quoi…), la pornographie est hélas à consommer avec modération. Et puis y’en a tellement eu, vous imaginez, impossible de tous les voir. A défaut, on pourrait se contenter des meilleurs. Oui mais comment faire pour séparer le bon grain de l’ivraie ? C’est là qu’entrent en jeu l’excellent Christophe Bier et vingt-cinq collaborateurs, dont deux femmes, Sérène Delmas et Britt Nini (« Qu’est-ce qu’un bon film porno ? Ils sont tous biens. Il n’y a pas de critère. »). Ils ont répertorié pour nous la totalité des films pornographiques (y compris gays) tournés en pellicule (ce qui exclut de fait la vidéo) entre 1974 et 1996. Auxquels ils ont joint des films érotiques, pour aboutir à 1813 longs-métrages français. Un parti pris que je regrette. En effet, un film porno, y’a pas de doute, on sait ce que c’est (le très nul Baise-moi, ici présent, étant un cas un peu à part). Un film érotique, c’est déjà plus subjectif (Bier lui-même regrette après coup de n’avoir pas intégré Le Genou de Claire d'Éric Rohmer). Quoi qu’il en soit, certains risqueraient la syncope en découvrant que Calmos, Le dernier tango à Paris, 37°2 le matin, Cet obscur objet du désir ou Les galettes de Pont-Aven côtoient Suce-moi salope, L’infirmière n’a pas de culotte ou J'ai très envie de nymphettes à sodomiser dans un même ouvrage ! Je me suis donc offert ce pavé d’environ 1200 pages. Encore près de cent balles dépensées mais quand on aime, on ne compte pas. Il aura nécessité treize ans d’efforts. Aucune illustration. Chaque film fait l’objet d’une description détaillée avec fiche technique, distribution, synopsis, critique, éventuelles anecdotes, date de sortie, salles d’exclusivité, titre(s) alternatif(s) et verdict de la Commission de classification des œuvres cinématographiques (Alfred Barbariche – ce nom ! –, qui en était visiblement le secrétaire, revient avec insistance). On se délectera des avis outrés (lorsque l’interdiction totale est préconisée, quand ça tourne autour du viol, de l’inceste, du SM, ce genre…) ou parfois délivrés sur le ton de la plaisanterie de cette dernière ainsi que de la réjouissante vulgarité outrancière de nombreux titres. Ou de celle, plus égocentrique, de la pionnière Sylvia Bourdon (un sacré numéro, celle-là !) dans un film-enquête dont le titre m’échappe, où elle déclare « aimer l’odeur de ses pets » (!). Et quel plaisir de voir ces films critiqués aussi sérieusement que le seraient ceux dits « traditionnels ». Mais par quel bout (sic) prendre cette somme d’informations, ce monde fascinant fait de débrouille (les films faits à partir de stock-shots d’autres films, les budgets faméliques…), ce morceau d’histoire, les plus grands films de ce genre maudit étant circonscrits entre, grosso modo, 1974 (début du septennat Giscard, fin de la censure puis « rétropédalage » avec la « loi X » devant le déferlement des œuvres pornographiques) et 1983 (début du règne du « mythe errant » et répression accrue avec application stricte de ladite loi, jusqu’ici habilement contournée, arrivées de la vidéo et du Sida) ? Premier réflexe : vérifier si l’avis des rédacteurs érudits sur les films chroniqués sur ce blog diverge (et diverge, c’est… oui, je sais, elle est facile) du mien. Dans l’ensemble, on est plutôt raccord, notamment sur des chefs-d’œuvre incontestables (Le droit de cuissage, Mes nuits avec…, Parties fines, La femme objet…) ou la filmo de Francis Leroi. Par contre, Dans la chaleur de Saint-Tropez est vu comme « un parfait exemple du mauvais goût des années 80 pour les sociologues du futur ». Malheureusement, pas de « top » récapitulatif des films les plus appréciés des chroniqueurs en fin d’ouvrage, il faudra donc « aller à la chasse » par soi-même pour découvrir les « pépites » méconnues du genre. Alors autant y aller par ordre alphabétique et lire ce dico comme un bouquin classique, du début à la fin. Un signet nous aidera à marquer la page où nous nous sommes arrêtés précédemment. Outre les célèbres réalisateurs mentionnés sur ce blog (Kikoïne, Tranbaree, Lansac, Leroi, Barny, Aubin, Lemoine, Fleury, Rollin, Caputo, Davy), on découvre d’autres stakhanovistes tels Alain Payet, José Benazeraf, Anne-Marie Tensi, Henri Sala, Lucien Hustaix, Claude Pierson, Pierre B. Reinhard, Gilbert Roussel, Jean Luret ou encore Pierre Unia. Bref, y’a de quoi faire… Ah, au pays des « fromages (et aussi, de plus en plus, des idées…) qui puent » et dans ce monde qui devient irrespirable, que cette période insouciante (j’étais trop jeune pour la vivre pleinement), ce cinéma hédoniste, libertaire, subversif et potache (bien qu’également ambigu) me manquent ! Nous n’aurions jamais dû nous aventurer au-delà de 1982. Ce tour de force est donc aussi une formidable machine à remonter le temps.


mardi 21 octobre 2025

Elisez vos "hardeuses" favorites !

Et oui chers lecteurs, je vous propose maintenant d'élire, parmi cette liste de 24, vos "hardeuses" favorites (jusqu'à 3 choix possibles) 😊

Fin du sondage le 1er mai 2026 !


vendredi 5 septembre 2025

Jean-François Davy (1945 – 2025) / Jean-Pierre Bouyxou (1946 – 2025)

 

 

C’est avec stupéfaction (nonobstant leur âge de 79 ans chacun) que j’ai appris, à intervalle proche et par deux blogs de cinéphiles que je consulte régulièrement, la disparition de deux figures de la pornographie française. Pourtant très peu évoquées sur ces pages, essentiellement centrées, je le rappelle si besoin en était, sur les productions de la firme « au fer à cheval » de Francis Mischkind (Alpha France) pour laquelle elles n'ont pas travaillé. Jean-François Davy, tout d’abord, décédé le 2 mai dernier, veille de son 80ème anniversaire. L’homme, qui en cette époque des « mid-seventies » ressemblait un peu au rugbyman français Sébastien Chabal (barbe, cheveux longs, physique imposant), est surtout connu pour son plus gros succès, le film-enquête présenté à Cannes en 1975 Exhibition, avec Claudine Beccarie, qui fit se déplacer pas moins de 3,5 millions de spectateurs dans les salles obscures. Il enchainera, avec moins de succès, par d’autres productions du même style (les suites Exhibition 2 et Exhibition 79, Prostitution, Les Pornocrates). Avant de se lancer dans la pornographie, il avait réalisé des « polissonneries » ayant rencontré un écho favorable au box-office : Bananes mécaniques et Prenez la queue comme tout le monde (plus d’un million d’entrées chacune en 1973). Le reste de sa filmographie, constitué essentiellement de comédies (avec des acteurs du genre Bernard Menez, Henri Guybet, Daniel Ceccaldi ou, plus récemment,… Jean-Marie Bigard, no comment), est beaucoup plus dispensable (euphémisme). Mais c’est surtout dans la production et l’édition vidéo lors de l’essor de la VHS (pornographiques ou non) que Jean-François Davy s’activa.

De Jean-Pierre Bouyxou, journaliste, critique, réalisateur, acteur et scénariste qui s’est éteint ce 2 septembre, lui aussi à 79 ans, je sais bien peu de choses. Comme pour Davy, sa fiche Wikipedia, peu fournie et que je ne vais pas retranscrire ici, informera les personnes intéressées sur son parcours. Notons toutefois qu’il fût un fidèle compagnon de route du réalisateur Jean Rollin, en tant qu’assistant, que ce soit sur ses films X ou d’horreur.

lundi 28 juillet 2025

A la recherche du premier boulard (2019)

 


« La première phrase que j’ai appris à mon fils, c’est « Jack Lang est un con ! » (Jean-François Davy)

« Si vous n’aviez pas vu « Gorge profonde », c’est que quelque part, vous étiez coincé(e) du cul. » (Brigitte Lahaie)

Qui a eu cette idée folle, un jour, d’inventer… la pornographie ? C’est à cette question capitale que les auteurs de ce documentaire (Aurore Aubin et Denis Larzillière) vont s’attacher à répondre, aidés en cela par un aréopage d’intervenants triés sur le volet. Acteurs et actrices (Richard Allan, Brigitte Lahaie), réalisateurs et/ou producteurs (Michel Barny, Gérard Kikoïne, Jean-François Davy, Marc Dorcel, Francis Mischkind…), journalistes et écrivains spécialisés et autres vlogueurs (Christophe Lemaire, Jacques Zimmer, Arnaud Beaudry…) apportent ainsi leur éclairage et leurs anecdotes lors de ce voyage temporel qui retrace le parcours de la pornographie à travers les siècles, de l’invention du cinématographe par les frères Lumière (1895) aux sites de « streaming » de l’ère Internet, en passant par les « loops » clandestins des bordels (ancêtres des « gonzos », films sans scénario), les K7 VHS, le « X » du premier samedi du mois sur Canal+ et bien sûr son « âge d’or » 1974-1983, avec la diffusion des films en salles (d’abord « classiques » puis spécialisées à partir de la « loi X »).

Bon visionnage ! Et désolé pour la piètre qualité d’image (en format grand écran) due à la compression, on fait c’qu’on peut avec c’qu’on a…