Curieux cas que celui d’Emmanuelle
Parèze. C’est en effet l’une des rares (la seule ?) actrices venues du
cinéma « traditionnel », plus précisément du théâtre, à avoir eu les « balls »
de passer de « l’autre côté » et de franchir le pas en acceptant de
tourner dans des films pornos, d’autres ne l’ayant envisagé qu’en paroles. Et
de revenir ensuite sur les planches. Elle a joué essentiellement de grandes
bourgeoises, comme dans Veuves en chaleur et La rabatteuse, tous deux de
Tranbaree. Elle incarna aussi avec le cascadeur Willy Braque le couple adepte
de bondage épié par Monique Ciron et Guy Royer dans Couples voyeurs et
fesseurs, l’un des meilleurs Leroi. Et sera de l’aventure du fameux L’essayeuse
de Serge Korber, film condamné à être détruit en 1977, pas plus « hard »
que tant d’autres mais dont les ligues moralistes avaient voulu faire un exemple,
tels les mafieux pour Joe Pesci lors du sanglant (et écœurant) final du Casino
de Scorsese. La Parèze n’est pas un vilain défaut…
Ce blog se propose de faire un panégyrique (forcément non-exhaustif) de "l'âge d'or" du cinéma pornographique français, cette "parenthèse enchantée" s'étendant du milieu des années 70 jusqu'au début des années 80, de la libération sexuelle post-68 à l'arrivée de la vidéo et du Sida. Un cinéma en 35 mm (et 20 cm...), avec poils et sans silicone, injustement "ghettoïsé" par l'inique "loi X" de 1975. « La pornographie est un art dont les artistes sont parfois incompris. » (Michel Ricaud)
mercredi 8 janvier 2025
Les atypiques
Emmanuelle Parèze
La fessée ou Les mémoires de Monsieur Léon maître-fesseur (Burd Tranbaree, 1976)
Esclaves sexuelles sur catalogue (Burd Tranbaree, 1977)
La dernière nuit / Shocking ! (Frédéric Lansac, 1976)
La filmographie
Catherine Ringer
C’est comme ça… Il y a des gens dont on a l’impression
que quoi qu’ils fassent, leur entreprise sera couronnée de succès. Catherine
Ringer, qui n’est plus à présenter, est de ceux-là. Avant de faire souffler à
partir de 1984 un vent de fraîcheur sur une chanson française qui en avait bien
besoin avec son compagnon feu Fred Chichin sous le nom des Rita Mitsouko, elle
tourna près d’une vingtaine de films X en un peu moins de dix ans (1976-1985).
Une expérience douloureuse, dont elle garde quelques séquelles, vécue sous l’emprise
d’un pervers narcissique mais qu’elle ne renie pas. Un passé dont la découverte
par le grand public, alors que la popularité du duo explose en 1986, ne sera
pas un Andy-cap pour sa carrière. Peu d’actrices porno seront allées aussi loin,
sinon dans les figures sexuelles du moins dans leur intensité : une vraie
tornade ! On se souvient notamment de sa scène à même le sol avec Désiré
Bastareaud, le nain noir du Miel et les Abeilles, dans L’inconnue d’Alain
Payet, précurseur de ce que l’on appela le « hard-crad ». Comment
aussi ne pas évoquer sa mémorable « prise de bec » avec un Gainsbourg
peu inspiré la traitant de « pute » sur le plateau d’une émission de
Denisot sur Canal+ (ou l’histoire du camembert qui dit au roquefort : « tu
pues »…). Bref, n’en jetons plus, cette femme est incroyable.
Provinciales en chaleur (Patrick Aubin, 1981)
Lingeries intimes (Patrick Aubin, 1981)
Mélodie pour Manuella (Joe de Palmer, 1982)
La filmographie
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je la préfère quasiment actrice que chanteuse. Je ne dénigre pas Rita Mitsouko, je place le travail de Fred Chichin parmi les grands talents de la musique de France au même titre que Bashung, Thiéfaine ou Higelin, mais certains tics vocaux de La Ringite (surnom que Chichin lui donnait) qui reviennent trop systématiquement rendent l’écoute du résultat final fatiguant à mes oreilles. Alors que je ne me lasse aucunement de l’audace folle de ses scènes X.
RépondreSupprimerCa se défend. Moi j'ai ce problème pour Björk (justement) ou le geignard de Radiohead. Mais les Rita, ça ne me dérange pas, j'aime trop leur originalité. Quant à ses films, oui moi aussi mais le fait qu'elle en ait souffert (et en souffre toujours, j'ai cru comprendre) me gâche un peu le plaisir. Il ne faut pas y penser. D'après Kikoïne, elle se droguait.
SupprimerC’est sans doute vrai pour la drogue, Chichin sortait de prison pour cette raison lorsqu’ils se sont connus. Je pense qu’au delà du porno, elle souffrait d’une dépendance au sexe de façon destructrice, lors des premières tournées des Rita Mitsouko elle provoquait en apparaissant nue sur scène et en multipliant les aventures d’un soir. Beaucoup de raisons devaient être à l’origine de son agressivité envers elle-même, finalement. C’est quelque chose qui traverse toute son oeuvre. Par contre, je ne suis pas aveuglément admiratif, pour l’avoir vu en concert à l’époque où ils tournaient avec une formation élargie d'inspiration Prince, je n’en garde pas un souvenir transcendant. Son jeu de scène était une succession d’attitudes clichées et elle haranguait la foule sans grand talent. Pourtant plusieurs de leurs albums sont d’indéniables bijoux, les 2 premiers ainsi que le tout premier EP Don’t forget the night. Leur dernier, Variety, est sublime, l’album de REmixes également, une grosse partie de Marc et Robert aussi et les autres ont tous de bons moments.
Supprimer...et je suis d’accord pour Bjork. Dès qu’un morceau est faible musicalement, ses simagrées vocales deviennent vite insupportables.
SupprimerMerci pour ces infos, je ne connaissais pas leurs débuts. Comme la plupart des artistes "pop", j'aime principalement leurs "tubes". De leur disco, j'ai le dernier best-of (leur trombine sur fond jaune), l'album des REmixes en effet (malgré un son faiblard, normal, 1990) et "Cool frénésie" de 2000, pour des titres qui ne figurent pas sur la compile, comme "Alors c'est quoi" et "Dis-moi des mots". Sur scène, de ce que j'ai vu, j'ai particulièrement apprécié sa prestation sur "La sorcière et l'inquisiteur" aux Victoires (?) de la Musique. Un sacré personnage en tous cas, et qui vieillit plutôt bien.
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